CEREMONIE D’INAUGURATION DU LOCAL ET DE L’INTERCONNEXION DE LA KOTELAM

POUR SES 25 ANS KOTELAM OFFRE UN LOCAL MAJEUSTIEUX ET FLAMBANT NEUF A SES SOCIETAIRES
Photo Le Nouvelliste
Le samedi 21 Mars 2015 restera une date mémorable pour la caisse KOTELAM et sera scellé à l’encre forte dans ses annales.  D’une pierre, la KOTELAM a  fait deux coups. Ses dirigeants ont procédé, d’une part, à l’inauguration du local flambant neuf devant loger le siège social de la Caisse et son point de service de la Rue Magloire Ambroise et, d’autre part, ont lancé l’interconnexion des trois points de service de la caisse. Dès ce samedi, tous les sociétaires détenant un carnet de la KOTELAM peuvent, dans n’importe quel point de service, réaliser un dépôt ou un retrait sur leur compte.

Pour l’inauguration du local et le lancement de l’interconnexion des points de service, les dirigeants ont organisé une cérémonie en présence des sociétaires, des cadres, des amis, des partenaires et du représentant de la fédération Le Levier. Dans son discours de circonstance, le président du Conseil d’administration de la Caisse l’agronome Dieuvet Michel, présente la cérémonie officielle d’inauguration du local et du lancement de l’interconnexion comme un prétexte pour remercier tous ceux qui ont contribué à la matérialisation de ces deux réalisations : l’imposant local à l’image de la KOTELAM et l’interconnexion, un exploit technologique pour une caisse populaire haïtienne.

Dieuvet Michel
Le président Dieuvet Michel a rappelé que la KOTELAM est logée à la rue Magloire Ambroise depuis 1996, au début du projet de Revitalisation du Mouvement Coopératif Haïtien financé par l’Agence Canadienne de Développement International et exécuté par le Développement International Desjardins pour les Caisses Populaires. En 2010 le local de la KOTELAM de la rue Magloire Ambroise n’a pas résisté aux secousses dévastatrices du tremblement de terre qui avait agenouillé la République. Le local s’était effondré occasionnant des pertes humaines et matérielles. Cinq ans plus tard, la KOTELAM a transformé ce cauchemar en opportunité, affirme avec fierté le président du conseil d’administration de la Caisse dans ses propos de circonstance.

Ce bâtiment majestueux et flambant neuf représente un investissement de près de 17 millions de gourdes. La KOTELAM a mis la main dans son avoir pour financer 76 % de cette somme représentant près de 13 millions de gourdes. Elle a bénéficié de la solidarité et de l’inter-coopération de CONACOOP, le Conseil National des Coopératives de la République Dominicaine,  de CCC-CA, la Confédération des coopératives de la Caraïbe et de l’Amérique Central et du Sud et de WOCCU, le World Concil Credit Union. Ils ont apporté une contribution de 4 052 779 gourdes. Le président Monsieur Dieuvet Michel a adressé un bouquet de remerciements à ces institutions. Il en a profité aussi pour remercier les dirigeants et les cadres de la KOTELAM qui ont contribué à ce projet en particulier Mme Marcelle Saint-Gérard, l’ex-directrice de la Caisse.

En plus de l’inauguration du local, KOTELAM a procédé à l’interconnexion de ses points de services. Tous ses ordinateurs sont maintenant  interconnectés. Un sociétaire peut faire ses transactions d’épargne et de retrait dans n’importe quel point de service. Les responsables des opérations ont, de leur côté, la possibilité de visualiser et de contrôler tous les transactions et les écritures enregistrées sur leur système. Cette prouesse technologique améliorera la qualité des services aux membres et garantira le contrôle, la fiabilité et la sécurité des opérations. Ce service d’interconnexion répond à une demande exprimée par les sociétaires dans toutes les assemblées générales depuis cinq ans, affirme le président du conseil d’administration de la KOTELAM.

Pour l’utilisation de cette technologie, la KOTELAM a bénéficié de l’appui financier  de HIFIVE, un projet de l’USAID d’appui à la microfinance en Haïti. Il a financé le projet  « Amélioration de l’offre des services d’intermédiation financière à la population de la zone métropolitaine » de la KOTELAM. Le budget de ce projet s’élevait à 6.9 millions de gourdes dont 75% de cette somme provenait de HIFIVE et 25 % des fonds propres de la KOTELAM. En plus de l’acquisition des matériels et de l’application pour l’interconnexion, le projet comportait un volet marketing avec un « sound truck » pour assurer la promotion des services de l’institution. Il fera connaitre KOTELAM et ses  services à la population. Le projet a aussi appuyé le renforcement institutionnel de la Caisse avec l’adoption d’un plan de marketing, d’un nouveau manuel de gestion administrative, comptable et financière, d’un manuel de contrôle interne mieux adapté à la situation de la caisse et d’un site internet pour promouvoir l’image et les services de la KOTELAM. Le président a vivement remercié l’USAID et le projet HIFIVE pour leur support. Ses remerciements se sont particulièrement adressés à Mme Vertus et Mme Pierre de la USAID et M. Baptiste de HIFIVE ainsi qu'à  M. Claudomir, le Directeur qui a eu l’ouverture d’esprit de financer ce projet qui a été préalablement rejeté, note le Président. Il a aussi remercié  la fédération Le Levier en la personne de son Directeur Général Monsier Jocelyn Saint-Jean qui a participé à cette cérémonie. Ses remerciements sont adressés également à l’Agronome Ronald Labady qui a coordonné les activités du projet.

Rappelons que la KOTELAM vient de célébrer son 25ème   anniversaire avec faste pendant près d’un an d’activités festives. Elle fut créée, en effet, le 28 Novembre 1989 avec une équipe réduite de sociétaires et une  somme dérisoire comme capital de départ sous le leadership de Monsieur Frantz Prinvil à la station Baptiste Faubourg Salomon.  L’objectif de départ a été de « Lutter contre l’usure et la thésaurisation, de mobiliser l’épargne, d’octroyer du crédit à des taux raisonnables, d’améliorer les conditions de vie de ses membres et  de favoriser la solidarité et la Coopération entre eux.»

Au départ, la  KOTELAM a été une Coopérative à services multiples qui offrait non seulement les services d’épargne et de Crédit mais aussi des services de consultation médicale,  de produits pharmaceutiques, d’éducation pour ne citer que ceux-là. La KOTELAM qui a démarré ses activités avec  sept (7) membres et deux cent quatre-vingt-neuf (289) gourdes le 28 Novembre 1989, compte aujourd’hui soixante-dix-huit mille cinq cent douze (78 512) membres dans la zone métropolitaine et plus de trois cent quatre-vingt-seize (396) millions de gourdes d’actif au trente septembre 2014.

Comme les dirigeants l’affirment souvent « KOTELAM se wozo, li pliye li pa kase! » Elle s’est remise avec brio et dans un délai record du désastre du 10 janvier 2010 pour redevenir l’une des plus grandes caisses du pays. Déjà deux ans après  le séisme du 12 janvier 2010, KOTELAM renaissait des décombres pour se hisser au sommet. Elle a enregistré un déficit de plus de 18 millions gourdes l’année du tremblement de terre (2010) et deux ans après en 2012, elle a réalisé excédent de plus de 8 millions gourdes, et tous les autres indicateurs de la caisse ont passé du rouge, état alarmant au vert, état satisfaisant.  KOTELAM prouve le caractère résiliant des entreprises coopératives, comme l’affirme l’Alliance Coopérative Internationale (ACI).

Nonais Derisier

23 Mars 2015

4 JUILLET 2015 : JOURNEE INTERNATIONALE DES COOPERATIVES AUTOUR DU THEME "EGALITE"

Conception graphique Nonais
Egalité: thème de la journée internationnale 2015 des coopératives

Le Comité pour la promotion et l'avancement des coopératives (COPAC)  de l'Alliance Coopérative Internationale (ACI) et l'Organisation des Nations Unies ont choisi conjointement l'égalité comme thème de la Journée internationale 2015 des coopératives. Le slogan de la journée est "Choisir coopérative, choisissez l'égalité". 
La Journée internationale des coopératives est célébrée le premier samedi de Juillet chaque année. Elle sera donc commémorée cette année le 4 Juillet 2015. D’après l’ACI,  l'écart du revenu mondial a continué de se creuser au cours des dernières années.  « Le top un pour cent de la population du globe possède près de la moitié de la richesse du monde, tandis que la moitié inférieure de la population mondiale détient moins d’un pour cent de ses richesses. »  Ces inégalités s’appliquent à des caractéristiques ethniques, régionales ou des caractéristiques personnelles telles que le sexe ou l'âge. 
Dans les coopératives l'égalité des sexes est un droit fondamental, depuis la création du mouvement. Les coopératives encouragent une culture de travail éthique où « le talent est récompensé plutôt que la compétitivité ».
L’inégalité nous concerne tous ! Pour l’ACI, tous les êtres humains ont droit au même respect et la dignité. L'inégalité a des conséquences socio-économiques négatives et graves. Elle est mauvaise pour l’économie. Elle ralentit la croissance du PIB. Elle empêche l'accumulation de capital humain, baisse les résultats scolaires et les perspectives économiques à long terme pour ceux qui appartiennent à l'extrémité inférieure de l'échelle des revenus. 
Les impacts sociaux de l'inégalité atteignent le chômage, la violence, la criminalité, l'humiliation, et la détérioration du capital humain et l'exclusion sociale. « L'inégalité affecte négativement la participation démocratique, il favorise la corruption et les conflits civils, » poursuit l’ACI dans sa note sur la commémoration de la journée internationale des coopératives. Elle  décourage davantage la vie civique et sociale qui sous-tend la prise de décision collective efficace qui est nécessaire pour le fonctionnement des sociétés saines, d’après l’ACI. 
Les coopératives des entreprises égalitaires. 
La propriété est collective.  Une coopérative est ouverte à tous, n’importe qui, hommes ou femmes, jeunes ou vieux peuvent entrer et en devenir propriétaire. La coopérative  est  une formule éprouvée pour l'inclusion économique et sociale. Pour l’ACI, si le modèle des coopératives continue de croître, l'inégalité sera réduite.
Le pouvoir de décision ne dépend pas de la richesse. En vertu du principe : une voix égale un vote, le sociétaire  a une voix, quel que soit le capital qu’il détient sous forme de part social. Le pouvoir de décision est égal pour tous.
L’accès égal aux biens et la priorité à la satisfaction des besoins et non aux rendements financiers.  L'ONU prône l'accès universel  aux services de base. Le but même d'une coopérative est l’offre de service dans de bonnes conditions à tous ses membres. Les coopératives se concentrent sur la satisfaction des besoins de leurs membres plutôt que seulement les rendements financiers.
Les coopératives participent à la réduction de la pauvreté. D’après l’ACI, «   Les coopératives contribuent à réduire les inégalités en donnant aux gens une manière digne et durable pour gagner leur vie. »
Pour toutes ces raisons, les coopératives sont des entreprises égalitaires, inclusives, donnant accès à des services pour la réduction de la pauvreté. Pour l’année 2015, toutes les coopératives et les coopérateurs doivent faire valoir les avantages coopératifs.

Nonais Derisier
24 Mars 2015

LA CAISSE POPULAIRE SAINTE ANNE : UN PATRIMOINE FINANCIER ET SOCIAL

L'ASSEMBLEE GENENRALE DE LA 64 ème ANNEE DE LA CAISSE POPULAIRE SAINTE ANNE 


Le dimanche 1er Mars 2015, les dirigeants de la Caisse Sainte-Anne de Port-au-Prince (CPSA) ont tenu, conformément à la loi et à la philosophie coopérative, leur assemblée générale. Dans un auditorium flambant neuf, propriété de la caisse, plus de 300 membres ont répondu à l’invitation des dirigeants pour exercer leurs devoirs et jouir de leurs droits de coopérateur : recevoir les rapports des dirigeants et participer à la prise des décisions pour le bon fonctionnement de leur caisse.  Au menu de cette assemblée : la présentation des rapports, la répartition des trop-perçus, la modification des statuts et  des règlements internes et l’élection des nouveaux dirigeants.

Le Président, dans son discours de bienvenue, à présenter la signification de l’assemblée générale qui est à la fois un exercice de bilan pour présenter la situation globale de la caisse, un exercice de reddition des comptes et un moment qui permet de jeter un regard  sur l’avenir.  Aussi, le Président a-t-il souhaité que les décisions prises dans cette assemblée puissent contribuer « à l’amélioration des services offerts avec des retombées positives sur les conditions de vie et sur les affaires des sociétaires. »

Dans son rapport, le conseil d’administration par la voix du président, de la vice-présidente, la seule femme dirigeante, et la directrice, ont présenté les principales réalisations et les performances de la caisse. Entre autres, la CPSA  a, au cours de cette année, achevé la construction  de son auditorium, acquis des livres et autres matériels nécessaires à la mise en place de la bibliothèque d’Edouard Tardieu…

Photo de la Directrice et des Dirigeants
Le président déplore la situation économique morose du pays et de la non-reprise des activités commerciales dans la zone d’influence de la CPSA, le centre-ville de Port-au-Prince. Néanmoins la moisson a été bonne pour la caisse qui a enregistré de très bons résultats. Elle a eu 2800 nouveaux membres qui portent son effectif à 15642 sociétaires. Son épargne a connu une croissance de 14% et s’élève à près de soixante-six millions cinq cent mille (66 500 0000) gourdes. Le portefeuille de crédit s’élève à un peu plus de quarante-huit millions (48 000 000) de gourdes, et accuse une croissance de 18 % par rapport au portefeuille de l’année antérieure. La caisse accumule un avoir de vingt-deux millions (22 000 000) de gourdes sur un actif de quatre-vingt-seize millions cinq cent mille (96 500 000) gourdes. Son taux de capitalisation s’élève donc à 23 %. La caisse a engrangée cinq millions cent douze mille (5 112 000) gourdes d’excédent : cela signifie après avoir couvert toutes ses dépenses, elle lui reste plus de cinq millions de gourdes représentant  5.30% de son actif. La CPSA est solide avec un coussin de sécurité de 23% de son actif, presque le double du minimum exigé par la BRH, elle est très rentable et son bilan croît chaque année.

Après la  présentation des différents rapports, la parole revenait aux sociétaires pour questionner les dirigeants et  soumettre leurs doléances. Un vrai exercice démocratique. Les dirigeants ont répondu aux questions, se sont excusés sagement quand il fallait le faire. Parmi les questions, un sociétaire avait demandé quelle bénéfice revenait aux membres et a demandé si la caisse ne peut pas au moins diminuer le taux d’intérêt ne serait-ce que pour les anciens membres. Plusieurs dirigeants se sont montés au créneau pour expliquer au dit membre que dans les coopératives toutes les sociétaires ont les mêmes droits. Le sociétaire s’est revenu à la charge pour citer le mot ristourne. Mais la question n’a pas été sérieusement débattue. Tout de même, les dirigeants ont fait preuve de sagesse.

Agronome Richard Bercy
De très hautes personnalités du monde des caisses populaires ont participé à cette assemblée à titre d’invités spéciaux. Parmi eux, le président de la fédération Le Levier, l’Agronome Richard Bercy, la Directrice de l’ANACAPH, Mme Yolène Jacquet, l’ex-directeur du CNC et actuel membre du conseil d’administration de la KOTELAM, M Frantz Prinvil.  M Durocher, l’ex-directeur pour Développement International Desjardins du Projet de Revitalisation du Mouvement des Coopératives Haïtiennes qui fut l’artisan de la révolution des caisses populaires haïtiennes par la professionnalisation de ce secteur, a été du nombre des invités spéciaux.

M Bercy a félicité les dirigeants de la CPSA, particulièrement  les membres du comité de surveillance qui se sont, entre autres, intéressés à mesurer la satisfaction des membres. Il a aussi abordé le sujet de la participation de Le Levier à la chambre de compensation. « Nous allons y participer au même titre que les banques et offrir les mêmes services qu’elles, sans pour autant  ressembler à ces dernières. Nous garderons notre philosophie et nos valeurs coopératives, martèle-t-il. »

De son côté Frantz Prinvil, avec l’humour dont lui seul en a le secret, a rappelé que la Caisse Sainte-Anne   fut créée en 1951 par les plus hautes figures de l’histoire du mouvement coopératif haïtien : Edouard Tardieu, Père Lespinasse, Docteur Bijoux…  D’autres personnalités comme Mme Jacquet de l’ANACAPH et un dirigeant de la SOCOLAVIM ont aussi pris la parole pour féliciter et encourager toutes les parties prenantes.

La Caisse Populaire Sainte-Anne de Port-au-Prince a 64 ans.  Elle est une grande caisse populaire. Elle prouve qu’on ne mesure pas la grandeur d’une caisse de par la taille de son actif financier. Mais de par son histoire  et surtout de par sa volonté de ne pas se démutualiser par la perte de son âme coopérative, de par sa volonté de placer le social au cœur de ses actions.  La CPSA s’est dotée d’un comité qui s’occupe du sociale. Elle construit une bibliothèque coopérative et planifie la création d’une école pour former des coopérateurs.

La CPSA comme toutes les caisses sont attirées par le syndrome la croissance et l’innovation, mais elle reste attachée à la philosophie première, elle reste fidèle à l’esprit des Tardieu, Lespinasse, Bijoux et consort. L’Agronome Roosevelt Compère, un ancien de l’ancienne Sainte-Anne est justement bien placé pour faire le pont entre la CPSA  conservatrice des valeurs coopératives et la CPSA qui aspire au changement et à la modernité. Elle prouvera qu’une caisse peut se moderniser sans vendre son âme coopérative. CPSA est grande caisse populaire, un patrimoine national.


Chapeau à tous les dirigeants ! Chapeau à l’Agronome Roosevelt Compère ! Chapeau à la Directrice Mme Marjorie Louissaint ! Elle a la lourde responsabilité de la mise en application des politiques et des décisions du Conseil d’Administration.

Nonais Derisier

7 Mars 2015

SORTIR DE L’ORALITE POUR TRANSFERER LES COOPERATIVES HAÏTIENNES AUX GENERATIONS FUTURES

Devoir de mémoire, devoir de coopérateurs!

KOTELAM vient de fêter ses 25 ans. Pour la première fois une Caisse haïtienne a commémoré son anniversaire de façon si grandiose et originale. Elle a réalisé plusieurs activités dont une soirée d’honorariat pour rendre un hommage mérité à des personnages et des institutions qui ont contribué au développement de la KOTELAM et du mouvement coopératif haïtien en général. Le mois prochain, la Caisse Sainte-Anne de Camp Perrin aura 66 ans. La caisse Espoir se prépare à fêter ses 40 ans. La Petite Epargne de La Vallée fêtera ses 70 années l’année prochaine en 2016. Nos caisses Populaires ont une riche histoire de 70 ans et nos coopératives agricoles  marchent vers leur 80ème  anniversaire dans deux ans, si on admet que la première COOPA (Coopérative Agricole) date de 1937. Après 80 années – ce qui représente en Haïti est une grande prouesse - l’histoire de nos coopératives et du mouvement restentc encore orale. Aucune biographie n’est écrite sur les acteurs, les institutions et le mouvement.

Il est temps de commencer à coucher sur du papier cette riche histoire qui fait partie intégrante de l’histoire économique et sociale d’Haïti. Tous les pionniers sont déjà partis ou presque. A la Caisse Petite Epargne, il ne reste que trois fondateurs. Un seul à Camp Perrin. Probablement très peu à Saint-Anne de Port-au-Prince. Même à la Caisse Espoir de Jacmel, les rares fondateurs et fondatrices ont plus de 80 années et savourent leurs dernières récoltes. Adeline Jean, l’une des fondatrices de la caisse Espoir, a tiré révérence au début de cette année. Sa caisse ignorait totalement son existence et n’a pas participé officiellement à ses funérailles. Elle fut une héroïne pour avoir décidé de participer en 1976 à des réunions animées par Philipe Jules qui deviendra le plus farouche opposant à la dictature des Duvalier dans le département du Sud-est dans les années 80. 

J’avais, il y a quelques années, commencé à rencontrer des pionniers et acteurs-coopérateurs de premier plan, et mettre sur papier leurs témoignages. J’ai été à Camp Perrin pour rencontrer Monsieur Tessono Dieuvé, le seul survivant des fondateurs de la CAPOSAC. Il avait 29 ans à la création de la caisse en 1949. Il avait en 2012 92 ans. Il a passé plus de 50 ans au service de la caisse particulièrement au niveau de la formation des membres. J’ai aussi écouté les témoignages de M. Pierre Percy.  Il a assisté à l’assemblée constitutive de la caisse à titre d’observateur. Il avait 23 ans. Il a 43 ans de service à la CAPOSAC à titre de dirigeant, en 2012. Il siège aujourd’hui au comité de surveillance. Il est un coopérateur passionné. Il a participé à la création et a dirigé la Coopérative Caféière de Vachon. Il fut maire de Camp Perrin de 1971 à 1983. J’ai eu le privilège de dactylographier son  manuscrit sur l’histoire de la CAPOSAC, cinq à six pages au total.

A la Vallée, j’ai rencontré M Franck et Obiès deux des trois membres fondateurs encore en vie. J’ai aussi rencontré des moins vieux ou des plus jeunes comme Joseph Payen, pour me révéler l’histoire et l’œuvre de Philipe Jules, un coopérateur qui me passionne. Je vous raconterai son histoire.

A Jacmel, j’ai rencontré à plusieurs reprises M Destines Joassaint, le vulgarisateur coopératif, André Pierre-Louis, le gérant et Emile Pen, notaire public, originaire de Marigot. Ce dernier fêtera son 93e anniversaire, le 12 mars 2015. J’ai aussi rencontré Me Bernadel de KOTEM des Nippes, un coopérateur irréductible. De ces rencontres entretiens, j’ai pu écrire des textes de 3 à 5 pages sur Caposac, Confiance Marigot, Espoir Jacmel, Kotem de Miragoane. J’ai aussi écrit sur SOCOLAVIM, COOPECLAS et KOTELAM. Soulignons que Mme Gilot Gladys a aussi écrit et présenté quelques pages sur sa Caisse, la KOTELAM. Cependant on ne peut pas raconter l’histoire d’une vie de 25 à 70 ans en cinq pages.

Dans mon travail, j’ai rencontré certaines embuches, notamment la disponibilité des archives. Les témoignages sont importants. Mais la documentation est essentielle pour comprendre, présenter,  expliquer le chemin parcouru par nos coopératives et tirer des leçons pour demain.  A la CAPOSAC (66 ans d’histoire), les archives ont été emportées par la Ravine du Sud dans sa fureur. A la Caisse Espoir, pendant l’aménagement du local, les documents de la caisse, dans une valise,  ont été dérobés. Pour la Petite Epargne, les documents anciens ont été déposés dans un endroit très humide et sont en très mauvais état. Pour les documents existants, ils sont souvent empilés dans des espaces non appropriés et personne n’est disponible pour les inventoriés et les classés. On peut et on doit reconstituer une partie des archives, cela exige du temps et la collaboration des dirigeants.

Les coopératives sont appelées à traverser plusieurs générations. Les coopérateurs de la génération présente ont pour mandat de transférer leur coopérative à la génération à venir comme la précédente l’avait transmise. L’élaboration de l’histoire de nos coopératives est un chantier nécessaire. J’aimerais mettre sur papier l’histoire d’une ou deux caisses à partir de cette année. Mes préférences seraient pour des caisses Les Saintes Anne de Port-au-Prince et de Camp Perrin, l’Espoir de Jacmel, Petite Epargne de la Vallée, Kotem de Miragoane ou des caisses récente comme KOTELAM ou KOPECLAS. Maitre Jean Bernadel, pour KOTEM, Prinvil pour KOTELAM et tant d’autres pourraient, devraient mettre sur papier l’histoire de leur caisse, qui est aussi une partie de leur biographie personnel. Aujourd’hui tout le monde peut être écrivain.

Il faut absolument retirer nos coopératives de l’oralité pour mieux transférer le mouvement aux générations à venir. Notre devoir de mémoire ! Notre devoir de coopérateur.
Nonais Derisier
10 Février 2015


LA FEDERATION DES CAISSES LE LEVIER ADMISE A LA CHAMBRE DE COMPENSATION DE LA BRH

Le plus grand évènement financier du début du 21eme siècle en Haïti 


Le 4 février 2015 est une date qui restera mémorable pour le secteur coopératif et l’ensemble du secteur financier haïtien. Après 13 années d’attente, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a signé enfin l’accord mettant en application l’article 111 de la loi sur les Coopératives d'Epargne et de Crédit (CEC)  stipulant que « les fédérations de CEC sont admises à la chambre de compensation assurée par la BRH. » En effet, en présence des dirigeants des caisses populaires et quelques organisations intervenant dans le secteur de la finance en Haïti et sous les feux des caméras de la presse,  le Gouverneur Charles Castel et le Président de la Fédération l’agronome Bercy Richard ont parafé l’accord autorisant la fédération Le Levier à participer à la chambre de compensation.

Par cet accord, les caisses affiliées à Le Levier sont autorisées à émettre des chèques comme les banques qui seront reçus par les entreprises et peuvent être déposés dans n’importe quelle banque et caisse populaire en Haïti. Cet accord donne aussi la possibilité à la fédération de participer au système de paiement interbancaire haïtien de la BRH communément appelé SPIH. Un sociétaire peut recevoir sur son compte  ou réaliser à partir de son compte un virement bancaire d’un ou vers un compte d’une autre banque en Haïti.  Cet accord ouvre aussi la voie aux caisses pour offrir tous les services financiers traditionnellement offerts par les banques, les cartes de crédit y compris.

Pour Charles Castel, cet évènement qui est l’aboutissement de beaucoup d’effort, mérite d’être marqué parce qu’il participe à l’inclusion financière. Il marque aussi un progrès majeur dans les habitudes dans le    système financier haïtien. Il souligne que  le réseau de Le Levier qui est composé de 42 Caisses fédérées ou « en transition » ,  a un actif de 4.8 milliards de gourdes et un fonds propre de 1.3 milliard de gourdes et compte 561 mille sociétaires.

Le gouverneur affirme être heureux et fier de voir ce grand jour. Il s’agit pour lui d’un grand pas vers l’inclusion financières et l’inclusion tout court. Les caisses sont, d’après le gouverneur, des institutions par excellence de bancarisation dans des endroits éloignés où il sera trop coûteux d’avoir une banque. 
Le gouverneur encourage, par ailleurs, les caisses populaires à se structurer à partir de la fédération ou de n’importe quelle autre fédération – puisque la loi ne limite  le mouvement à une seule fédération. Cette déclaration est une porte ouverte à des institutions comme ANACAPH qui œuvre pour doter le pays d’une deuxième fédération. Qu’elle y rentre du bon pied !  Pas pour nous offrir une fédération en plus, mais pour renforcer le secteur, donner du chalenge à la fédération existante et lui donner rendez-vous un jour dans une confédération de caisses.

Après les propos combien élogieux à l’égard des caisses – une première de la part d’un si haut responsable haïtien -  il revenait au président de la fédération de faire son allocution de circonstance. D’entrée de jeux, il annonce que l’évènement du jour représente l’un des objectifs des caisses populaires en créant la fédération. Il ne s’agit pas d’un don ou d’un cadeau de la BRH, martèle-t-il, mais la détermination du secteur à enlever les embûches qui se dressent sur son chemin. Les caisses vont utiliser cette facilité pour attirer et fidéliser plus de sociétaires. Le président a aussi présenté tous les avantages que les caisses et les sociétaires vont tirer de ce système. Il a aussi remercié le gouverneur qui fait de l’inclusion financière son cheval de bataille.

Cet accord, comme l’a souligné le gouverneur, va profondément remodeler l’architecture du système financier haïtien. Les caisses vont pouvoir se tailler une place et une part de marché beaucoup plus large, et aussi jouir d’une image plus intéressante auprès du public. Les caisses ne seront plus considérées comme « collectrices de sous » pour les banques étant donné qu’elles y déposaient une partie de l’épargne des sociétaires. Un coopérateur n’a plus de prétexte pour avoir un ou plusieurs comptes dans des banques en plus de son compte dans sa caisse. Il va pouvoir émettre des chèques, réaliser ou recevoir des virements bancaires, consulter son compte à partir de son téléphone intelligent ou son ordinateur, avoir sa carte de crédit émise par sa caisse, et par-dessus le marché aura des attestations avec une confiance accrue. Que d’avantages !  Surtout pour la classe moyenne, la petite bourgeoisie haïtienne, les professionnels, les entrepreneurs, les fonctionnaires, les citadins bien lotis… Qu’en sera-t-il pour que la majorité,  notamment les  1,018,951 exploitants agricoles avec leur famille dont 530,731 d’eux soit 52.3% du total ne savent ni lire ni écrire, dont 257,670 soit 25% des exploitations sont exploités par des femmes agricultrices et 11,3% gérées par des jeunes agriculteurs de moins de 30 ans, totalisent 114.444 exploitants (MARNDR Recensement Général de l’Agriculture,   2008/2009). Au nom de l’inclusion financière, il faut trouver le chemin pour aller vers les marginaux et exclus de l’économie formelle. Il faut pouvoir marcher cinq heures pour se rendre à Ka Michel  (Cabaret, département Ouest)  pour apporter des services financiers aux agriculteurs et madans saras.

Tout compte fait, l’évènement de ce 4 février 2015, sera considéré un jour,  probablement comme le plus grand évènement du début du 21ème siècle sur le plan financier en Haïti. Après la première révolution des caisses populaires à la fin des années 90, cet évènement participera certainement à l’avènement de la 2ème révolution des caisses pour nous donner des Caisses 2.0 . Elle sera « une révolution économique, sociale, technologique, environnementale où la satisfaction des besoins et le développement des parties prenantes : sociétaires, collaborateurs et communauté seront sacralisés. »

Nonais Derisier
5 février 2015


LES 30 ANS DE LA CAISSE POPULAIRE RESSOURCE CONFIANCE DE MARIGOT

La CPRCM dans le club des caisses trentenaires



La Caisse Ressource Confiance de Marigot a fêté le 1er Septembre 2014, ses 30 années d’existence. Elle rentre dans le club des caisses haïtiennes trentenaires et plus : la Petite Epargne de la Vallée, les Caisses Sainte-Anne de Camp Perrin et de Port-au-Prince,  les doyennes avec plus de 60 ans d’expérience, les caisses Espoir de Jacmel, Caposov de Verrettes, COTEM de Miragoane qui avancent sur leur quatrième décennie. Ces caisses connaisent pour la plupart connu la gloire après des traversées de désert.

La CPRCM naquit en 1984, le premier septembre. En effet, au cours de l’été de l’année 1984, trois coopérateurs comme trois mousquetaires se rendirent à chaque semaine à Marigot pour jeter les bases de la création d’une caisse populaire par la sensibilisation et la formation coopérative. Ils sont trois animateurs volontaires de la Caisse Espoir de Jacmel (Destines Joassaint, Guy-Claude Charles et Emile Pen). Ils sont encore en vie et ont plus de 80 années. Après deux à trois mois de sensibilisation et de formation, ils aboutirent à la création de la caisse populaire Ressource Confiance de Marigot. Le rapport de la direction en 2012 souligne : « La caisse Ressource Confiance a vu le jour le 1er septembre 1984 sous un manguier avec un actif de 1000 gourdes.»

La caisse a adopté une stratégie de démarrage couronnée de succès nous confie Destines Joassaint. Il faudrait normalement attendre six mois pour commencer le service de crédit, le temps de collecter assez d’épargne. Pour attirer les gens, la caisse a commencé immédiatement avec le crédit. Elle n’avait que 3000 gourdes, elle a emprunté 10000 gourdes de la Caisse Espoir de Jacmel et commença le crédit avec 2/3 des 13 000 gourdes disponibles. Cette stratégie a été une incitative pour encourager la population à s’inscrire et à épargner. Ils ont versé de l’eau dans la pompe pour bien l’amorcer. A la fin de la première année la caisse avait déjà un actif de 105 000 gourdes. La caisse a eu une certaine croissance jusqu’à 1988-89 où elle a du presqu’arrêter ses opérations à cause des faiblesses de gestions, des problèmes de recouvrement et de manque de fonds. L’histoire de la Caisse Ressource Confiance de Marigot ne s’est pas fait suivant une trajectoire rectiligne ou droite et ascendante. Elle s’est développée en dents de scie de sa création en 1984 à 2001 pour emprunter ensuite une ligne droite ascendante.


En effet, après quatre années de croissance, la caisse a connu une période difficile de 1988 à 1991. La CPRCM a passé deux ans sans offrir de services financiers à la population. Elle a redémarré ses activités en 1991 suite à une formation donnée à l’URECAPSE par Sanon Guersaint. Dans cette formation les participants dont Monacé Jean ont appris la nécessité de séparer la fonction de gérance de celle de la trésorerie pour mieux assurer le contrôle des fonds. Un comité de crise de 11 membres a pris les rênes de la CPRCM avec 143 gourdes en caisse, nous confie Monacé Jean, l’un des artisans de la renaissance de la caisse. Elle  recommença le service d’épargne sans faire de crédit, ni de retrait important pendant près d’un an.  La caisse a survécu jusqu’en 2001. Celle-ci fut une date charnière et décisive pour la caisse. A ce moment la CPRCM allait prendre sa vitesse de croisière avec l’appui technique de DID, Développement International Desjardins. La caisse met fin à la  fonction du gérant bénévole et procéda au recrutement d’un cadre formé pour réaliser ses opérations. Elle s’est dotée d’une politique et procédure administrative et comptable qui favorise la sortie régulière des Etats financier et du contrôle. Elle publie régulièrement ses états financiers qui sont toujours vérifiés par des comptables agréés. Depuis la loi 2002, elle est souvent inspectée par la BRH. Elle a créé un comptoir à Peredo en 2004. Elle s’est informatisée. Elle a construit son propre local en 2004-2005. Pour ce trentième anniversaire, la CPRC s’est déjà offert le marché de la commune de Bainet comme cadeau. Elle vient juste d’y implanter un point de service.


La Ressource Confiance qui, en 1984, a tenu son assemblée générale avec 1000 gourdes et commencé ses activités avec 13000 gourdes, qui les a redémarré après deux ans de veilleuse en 1989-91 avec 143 gourdes, a au mois de Septembre 2013 un actif de 114,279,668.00 gourdes, une épargne de 68,175,086.00 gourdes, un portefeuille de crédit de 77,721,076.00 gourdes, un avoir de 39,077,598.00 gourdes. Son avoir représente 34 % de l’actif de la Caisse. La norme est de 12.5%. Elle est fortement capitalisée, donc financièrement solide.  Elle est aussi très rentable. Pour ces cinq dernières années son excédent par rapport à l’actif est supérieur à 6% alors que 3% serait raisonnable pour garantir sa croissance et renforcer sa capitalisation

La Performance de la caisse  est l’œuvre du conseil d’administration, du comité de surveillance, du comité de crédit et de la Direction de la caisse. Le conseil d’administration est formé de : Toussaint Lecima, Président, de Noncent Romanex, Vice- Président, de Petit-Frère Bélizaire, Secrétaire de Sanon carlo et de conseillers Louis-Jean Giles, Deronneth Marie Julie et Livena Pierre-Louis. La direction de la CPRCM est assurée par Pierre Ricot Directeur Général,  secondé de Rousseau Roland aux opérations et  de Jean Mary Lanause au crédit. Lors des assemblées générales, le conseil d’administration s’est toujours montré reconnaissant envers le coopérateur Rigaud Maurice, le conseiller en gestion de Le Levier auprès de la Caisse.

Félicitations aux responsables et aux membres de la Caisse Populaire Ressource Confiance de Marigot. Ils ont su en 30 ans ériger la plus grande entreprise, institution et organisation de la commune de Marigot. Je doute fort qu’il y existe une entreprise ayant un actif de la taille de la CPRM et qui puisse croitre à plus de 20 % l’an sur plus  de 10 ans. Joyeux Anniversaire. Partez pour trente nouvelles années.
Nonais Derisier Saincelair

31 Aout 2014


MES REMERCIEMENTS

Mes derniers textes sur le mouvement coopératif haïtien ont trouvé un écho très intéressant de plusieurs acteurs du mouvement. Mon travail dans le secteur vise fondamentalement le lancement de débats et de réflexions pour  que le mouvement trouve sa place dans l’environnement économique, politique et sociale du pays et qu’il contribue à changer positivement cet environnement au profit de la majorité.

Aujourd’hui, je remercie tous ceux qui ont commenté mes textes et m’ont encouragé à poursuivre cette démarche. Je remercie spécialement Gladys, celle que je surnomme « la Directrice des Directeurs ». Elle lit religieusement mes textes et a produit un commentaire intéressant pour appuyer le débat sur la répartition des excédents. Mes remerciements vont aussi au Président Julio de la SOCOLAVIM qui depuis longtemps pensait qu’on devrait reconnaitre et appuyer mon travail pour le mouvement. Au président Gary Marcelin qui a relayé le texte sur l’importance du secteur et qui s’était irrité du fait que ce texte n’ait pas suscité assez de réactions. Au Directeur Domond qui souvent  m’appelle ou m’écrit pour donner son appréciation. Je remercie aussi la directrice Ketsia Metellus qui like tous mes textes, qui a corrigécelui qui utilise le cas de SUCCES pour parler de la vitalité démocratique des caisses populaires.  L’Agro Maner dirigeant de Lascahobas qui anime un groupe au nom de Lascahobas. Manel Castel, le président d’ANACACAPH et de COOPECLAS. Je remercie grandement les directeurs qui impriment les textes et les distribuent aux dirigeants et au personnel de leur caisse. L’Agro Charles Yves qui a fait ses premières armes coopératives avec moi à SOCODEVI et qui encourage mes réflexions. Jackson Dorlus. Rigaud Maurice. Lucien Francois. Et tous les autres.

J’en profite pour soumettre à votre appréciation quelques des commentaires reçus.

Jean Donald JACQUET de la caisse SUCCES de Jacmel
 « Je ne savais pas qu’il y avait des gens bien avisés qui nous suivaient. Je partage aussi cette réflexion mais en partie. Je fais allusion ainsi à deux niveau de caisses : il y a des  caisses qui sont en phase de leur développement et d’autres qui ont atteint leur pinacle. Mais c’est un sujet pertinent qui suscite beaucoup de réflexions. Je pense que les caisses doivent commencer à réfléchir autrement, sur l’amélioration des conditions de vie des sociétaires, notamment. Il faudrait véritablement arrêter de voir les caisses comme étant un business très rentable dont le profit n’appartient à personne.
Cordialement »,

Arnousse Beaulière, Né à Jacmel (Haïti), Arnousse BEAULIERE est Docteur ès Sciences économiques, diplômé de l’Université Montesquieu-Bordeaux IV, spécialiste des questions de développement et de santé. Analyste politique, il est l’auteur de l’essai intitulé "Immigration, Intégration. Un malaise persistant"

« Merci Nono pour ce texte très intéressant. Je suis plus que jamais convaincu que les institutions d'économie sociale et solidaire (ESS) comme les coopératives, mutuelles et associations constituent, en effet, de véritables canaux de transmission des vraies valeurs et principes démocratiques dans notre pays ».

Gladys Gilot, ex-directrice de la KOTELAM et actuelle responsable de la vie Associative de cette caisse
« Félicitations à Nonais pour ce texte qui alimentera le niveau de réflexion des dirigeants des caisses populaires du réseau. Il faut fortement y penser car le mieux être doit être dans les poches des sociétaires comme dit souvent notre commandeur. Moi j'ai eu la chance de bénéficier des ristournes de ma caisse  dans les années 1990 et pourquoi pas maintenant? Pensons-y et trouvons une solution? »

Frantz Prinvil s’adressant à Gary Marcelin
« Chapo ba nou  ou,

Mwen byen kontan jwenn yon mesaj espwa nan men yon vanyan gason ki rele Pwofesè Gary MARCELIN. Mwen te panse apre lanmo Pè Lespinasse tout koperatè konsekan te kraze rak pou bay koperatè tout plim tout plimay vin chante kantamwa.

Mesi Gary, ou se yon nonm mwen toujou respekte pou angajman w, pou lespri kritik ou, pou santiman atachman ou genyen pou mouvman koperativ la. Jounen Jodi a koperatè konsekan dwe leve tèt pou wè sa kap pase . Pagen maladi, pagen lanmo men ka grav.

Yon lwa sou koperativ kote gwo chef nan gwo oganizasyon  te di se vagabondaj lè nou tap klewonnen pou di gen yon lwa malatwonn ki pare pou toufonnen kès popilè yo, pou fè yo pi restavek ke jan yo ye jounen jodi a. Jodi a aganman chanje koulè pou lonmen tèt yo kom defansè koperativ nan zafè lwa sa a.  Wi gen dekwa pou gen lapenn. "Sila yo ki pote non gadè mouton  se yo ki gran lajounan tounen bèt sovaj pou detwi mouton yo "(prezidan Estime , neg Veret).

Pwofese Gary mwen  se yon ti elèv gran mèt yo rele Edouard Tardieu, mwen pap janm bliye, toutan lap repete " linyon ou lanmo ". Map reponn prezan  pou tout konbit ki vle rasanble tout bon  koperativ pou nou fè tankou peyi vwazen nou an yon gwo rasanbleman lajman laj pou koperativ nan peyi dayiti. Selman mwen pap mache deyè koperaté dlo mennen vini yo. Mwen pap mache deyè gwo chef ki gen foli pouvwa, chef ki pèdi loloy yo devan lanbisyon pou yo chef.

Mwen pap fini san mwen pa di mesi anpil a M. Nonais pou bon travay motivasyon lap fè pou sektè koperativ ayisyen pa tounen yon bann machann lespwa, machann rev san devan ni dèyè.

 Pwofesé Gary nou kase randevou  sou tèt mon ki pi wo a, se la na rankontre ak tout koperaté  konsekan  tankou w pou nou chante " youn pou tout , tout pou youn"

Se te youn nan dives elév ou yo
Frantz Prinvil
Fis pou lavi retan pou té »

Manel Castel, Président d’ANACAPH et de COPECLAS

« Bonjour Nonais,
    J'ai bien reçu votre texte. Je l'ai lu avec beaucoup d'intérêt. Il doit être considéré comme la toile de fond pour une réflexion profonde non seulement pour les dirigeants et les directeurs des caisses mais aussi pour les institutions faîtières.

Longtemps déjà la question de ristourne et le taux d'intérêt appliqué dans les caisses me préoccupe aussi comme responsable de caisse. Ces questions commencent à être très embarrassantes pour les dirigeants au cours des assemblées générales. C'est une question à agiter dans le secteur en vue d'en trouver une solution appropriée." Prévenir vaut mieux que guérir". Aussi, les dirigeants, les directeurs des caisses, les institutions faîtières, les institutions de tutelles même et les ONGs qui encadrent les caisses devraient être sensibilisés sur la raison d'être, sur la doctrine , la philosophie du mouvement coopératif car l'aspect associatif est prisonnier de l'aspect entreprise. Le pire de tout cela, le fossé économique et social que le mouvement coopératif appelle à combler continuera à s’élargir davantage. Les caisses doivent prendre conscience de leur vocation, elles doivent faire la différence.
"Ou s'unir, ou périr" »

Louis
« Je dois remercier l'auteur de ce brilliant article. Il vient tout juste de m'apporter les éclaircissements à des préoccupations et questions légitimes que j'avais personnellement. Je vais chercher à me documenter davantage sur la question ».
               

LA REPARTITION DES EXCEDENTS DANS LES CAISSES POPULAIRES HAÏTIENNES

La question de la Ristourne

L’exercice comptable de la plupart des caisses populaires haïtiennes commence le 1er octobre pour se boucler le 30 septembre de l’année suivante. L’article 41 de la loi haïtienne sur les Coopératives d’Epargne et de Crédit accorde jusqu’à six mois aux caisses pour tenir leur assemblée générale. Cette dernière a pour objet, entre autres, de statuer sur la répartition des trop-perçus annuels,   selon article 43 de la loi. Il s’agit donc d’un exercice démocratique qui  devrait être difficile et houleux tant les intérêts pourraient être divergents. Dans la réalité, cette partie de l’assemblée se passe comme une lettre à la poste, sans débat, et parfois sans sanction ou décision de l’assemblée. Au regard de la philosophie coopérative et de la loi de 2002 sur les coopératives, nous analyserons la répartition des excédents dans les caisses populaires haïtiennes.  La distribution de la ristourne sera placée au centre de ce débat.

La première coopérative moderne, formelle et bien structurée  a pris naissance à Rochdale en Angleterre en 1844 : les équitables pionniers de Rochdale. Elle était l’œuvre de 28 ouvriers tisserands dont les maigres salaires ne les permettaient pas de subvenir à leurs besoins. Ils vivaient dans la pauvreté. Ils se réunirent un samedi et se demandèrent « quel sont les  moyens les plus efficaces pour améliorer la situation du peuple. » (Camille Lamothe, 1958). Ils finirent par créer la « Société des équitables pionniers de Rochdale », enregistrée le 24 Octobre 1844, avec un capital initial  ne dépassant pas soixante-quinze dollars. 

La coopérative « Les Equitables Pionnier de Rochdale » se basait sur les fondements tels : adhésion libre et volontaire ; l’intérêt limité sur la part sociale à 6% du capital ;  la ristourne au prorata des transactions avec les membres ; la vente au comptant ; l’éducation et formation des membres… Les excédents étaient fondamentalement utilisés pour la distribution équitable des ristournes au prorata des affaires traitées par le membre avec sa coopérative.  « George Jacob Holyoake, un des derniers témoins de la création et l'historien précis et chaleureux des Equitables Pionniers de Rochdale […] rappelait que les 28 tisserands qui avaient fondé en 1844 la coopérative de consommation de Rochdale avaient choisi le nom d’Equitables Pionniers parce que ce terme impliquait le partage équitable des gains entre les salariés et les consommateurs. » (PRINCIPES COOPERATIFS ? LESQUELS ? François Espagne ancien secrétaire général de la Confédération générale des Sociétés Coopératives Ouvrières de Production).

La déclaration de 1995 sur l'identité coopérative qui a reformulé et complété les principes coopératifs affecte « les excédents à tout ou partie des objectifs suivants : le développement de leur coopérative, éventuellement par la dotation de réserves dont une partie au moins est impartageable, des ristournes aux membres en proportion  de leurs transactions avec la coopérative et le soutien d'autres activités approuvées par les membres.» L’excédent est donc affecté au développement de la coopérative dont la constitution de fonds de réserve, à la distribution des ristournes aux membres et aux activités communautaires. Pour Guy Tchami du Service des Coopératives au  Bureau International du Travail, Genève « … le profit […] est soit réinvesti dans la coopérative, soit gardé en réserves ou encore redistribué aux membres en proportion de leurs transactions avec la coopérative. Ce procédé, appelé ristourne permet aux membres de se distribuer l’excédent éventuel. »

D’après la loi haïtienne sur les coopératives d’épargne et de crédit les excédents doivent être ainsi répartis :
·         10% des trop-perçus au  « Fonds de Soutien aux Coopératives » gérés par la BRH  (article 61) ;
·         10% des trop-perçus au fonds de réserve. Ce prélèvement cesse d’être obligatoire quand le fonds de réserve atteint un montant qui correspond au double de celui du capital socia  ( Article 63) ;
·          « Toutes les fois que ses fonds propres sont supérieurs ou égaux aux fonds propres réglementaires, une CEC peut, par règlement, établir un fonds devant servir à des fins sociales ou communautaires. Il ne peut affecter à ce fonds plus de 10% du montant attribué en ristournes. Les sommes affectées au fonds doivent être utilisées par le conseil d’administration dans les trois (3) ans de leur affectation. À défaut de quoi, elles sont versées dans le fonds de réserve » (l’article 64) ;
·         Le solde est distribué aux sociétaires au prorata des affaires traitées par chacun d’eux avec la CEC et non au prorata du nombre de parts sociales détenues par chaque sociétaire, d’après l’article 66.  
D’après l’article 65 l’affectation des trop-perçus annuels des CEC est déterminée par l’Assemblée générale sous réserve des dispositions de la loi. Elle doit aussi tenir compte des normes ou exigences faites par la BRH en matière de fonds propres.

Dans la pratique, dans le bilan des Caisses Populaires haïtiennes, les excédents sont répartis entre les différents comptes ou fonds. De ses huit millions gourdes d’excédent de cette année la caisse SUCCES de Jacmel a affecté 10% en réserve légale, 10 % au fonds social et communautaire, 20 % au fonds de prévoyance et 60% au fonds de construction. La Caisse Ressource confiance a alloué  en 2013  10% au réserve légale, 20% au fonds de prévoyance, 10 % au fonds social, 30 % au ristourne, 15% à l’éducation et la formation et 45 % au le fonds de construction.

En fait, il y a trois affectations légales du surplus des Caisses : le Fonds de Soutien aux Coopératives qui n’est pas encore exigé par la BRH,  la réserve légale qui est de 10% et un fonds social et communautaire qui est de 10% de la ristourne. La plupart  des fonds trouvés dans le bilan des caisses à titre d’affectations des excédents ne sont ni légales,  ni statutaires. A l’exception du fonds de Soutien aux Coopératives et de la réserve légale, tous les autres fonds devraient être créés par les statuts ou les règlements avec une définition, une justification et surtout une procédure d’utilisation.

Le fonds social et communautaire de 10% des excédents ne répond pas aux normes de la loi. Il devrait être inférieur ou égale à 10% du montant attribué en ristourne. Etant donné que les caisses n’octroientt pas de ristourne, elles ne devraient pas constituer ce fonds.

Quand en est-il du fonds de prévoyance ? Il n’est ni légal, ni statutaire et représente une « aberration comptable ». Pour l’année 2013, ce fonds cumulé s’élevait à 20 millions de gourdes pour la COOPECLAS, 12 millions pour la Ressource Confiance de Marigot et 71 millions pour la CAPOSAC. Ce fonds représente, en fait, les bénéfices non réparties qui grossissent purement et simplement les avoirs de la Caisse. Il est loin d’être le fonds de prévoyance des caisses de l’ancienne école, une sorte de fonds de solidarité pour supporter les membres et la communauté dans leur vulnérabilité face aux aléas de la vie.  Il correspondait à la caisse rouge des Mutuelles de Solidarité.

Le fonds pour la construction et celui pour l’investissement ne sont non plus ni légaux, ni statutaires et ne sont pas vraiment nécessaires. Beaucoup de caisses ont acheté ou fait construire leur somptueux local sans avoir recours à un tel fonds. D’autres ont dépensé pour leur construction des sommes beaucoup plus élevées que leur fonds dédié construction. Avec l’existence d’un tel fonds, une caisse pourrait bien un jour créer un fonds pour l’acquisition d’un véhicule ou d’un ordinateur.

S’il y a un fonds qui n’apparait presque pas dans les bilans ou les affectations du surplus de nos caisses, et qui devrait l’être de façon obligatoire au regard de la philosophie, des principes et de la loi sur les caisses en Haïti, c’est la ristourne. Quand, il apparait, il s’agit le plus souvent d’un bonni sur intérêt perçu sur le crédit. Les dirigeants affirment que le calcul de la ristourne au prorata des affaires traitées est trop compliqué. Prétexte !

Article 66 de la loi de 2002 est claire : « Les trop-perçus annuels sont affectés, après les prélèvements légaux, en priorité, selon les dispositions de l’article 67 de la présente loi. Le solde est distribué aux sociétaires au prorata des affaires traitées par chacun d’eux avec la CEC… »

Pourquoi les caisses créent une multitude de fonds pour l’affectation des excédents, des fonds qui ne sont ni légaux, ni statutaires et qui ne répondent pas aux exigences comptables ? La réponse la plus plausible semblerait que les dirigeants et les managers des caisses veulent cacher la réalité financière des caisses pour ne pas succomber aux réclamations légitimes de ristournes des sociétaires.

« En 1937, nous confie François Espagne ancien secrétaire général de la Confédération générale des Sociétés Coopératives Ouvrières de Production, la ristourne était le seul emploi des excédents élevé à la dignité de principe. On était ici dans la très droite ligne de la tradition rochdalienne : le cher George Holyoake rappelait avec détails, dans son History of Cooperation, comment l'invention de la ristourne, due à l'un des fondateurs des Equitables Pionniers, Charles Hobarth, avait sauvé la société de Rochdale de l'échec qu'avaient connu les autres expériences de coopératives de consommation, en fidélisant les épouses des membres, à qui le versement de ces petites sommes accumulées sur leur compte permettait périodiquement de s'offrir un vêtement. » Frantz Prinvil, ex-directeur général du Conseil National des Coopératives, fondateurs influents de la caisse KOTELAM et cadres ayant contribué à la création de plusieurs caisses populaires, en dit mieux. Il raconte l’histoire d’un paysan qui après avoir reçu quelques gourdes en ristourne a eu à déclarer : « mwen resi pwal achte piki pou doulè m an » (Je vais enfin acheter la piqure pour traiter mon rhumatisme). Il investit sa ristourne dans sa santé. Sa caisse ne peut faire mieux pour lui.

La volonté de ne pas distribuer des ristournes fait partie des péchés originels des caisses populaires haïtiennes. En effet, à la fin des années 90 du siècle dernier, le mouvement des caisses populaires haïtiennes a connu sa renaissance ou sa première révolution. Avec l’appui de DID, des caisses ses sont relancées, d’autres sont créées sur de nouvelles et solides bases avec des outils comptables et des gestionnaires formés. A ce stade, il était conseillé aux caisses d’affecter la totalité de leurs excédents déduits des réserves légales à leur croissance. Ce qui était logique. La rentabilité et la croissance était le mot d’ordre. 

Wikipedia: Quadrilatère de Henri Desroches
M= Manager, A= Administrateur, E+ Employé et S= Sociétaire
Aujourd’hui, après 15 à 20 ans de cette politique, nos caisses ont connu une croissance exponentielle  et sont très rentables. La caisse SUCCES vient réaliser 8 % d’excédent sur son actif. La Caisse Espoir a engrangé près de 24 millions de gourdes d’excédent pour son dernier exercice. Aujourd’hui encore les dirigeants et les gestionnaires des caisses sont toujours obsédés par la croissance et la rentabilité. Il s’agit de péchés originels qui leur collent à la peau. Nous vivons aussi la fracture du quadrilatère coopératif d’Henri Desroches où le pôle gestionnaire (administrateurs + managers) s’entend au détriment des sociétaires et employés, qui sont eux aussi divisés.

Pour Guy Tchami du Service des Coopératives au  Bureau International du Travail « Un point essentiel ici est qu’il doit être gardé à l’esprit que l’objectif premier de la coopérative est de répondre aux besoins de ces membres et non de réaliser un excédent maximum contrairement aux entreprises capitalistiques. La non-existence d’excédent dans la coopérative, n’est en rien préjudiciable, bien au contraire car l’absence d’excédent peut être le signe que les membres ont bénéficié de services de la coopérative au plus bas coût possible.»

L’excédent c’est le montant qui reste après avoir honoré toutes les dépenses. Au départ les caisses avaient  besoin de beaucoup d’excédents pour croitre et capitaliser. Aujourd’hui avec plus de 30% de capitalisation – alors que la BRH exige 12.5 – est-il encore nécessaire de poursuivre cette course à la croissance et à la rentabilité élevées ?

Dans les assemblées des caisses populaires, il y a trois revendications  qui reviennent annuellement : la diminution des taux d’intérêt sur le crédit  – les sociétaires veulent la marchandise à meilleur prix,  la ristourne promise dans les séances de formation et l’investissement dans d’autres secteurs, notamment sociaux comme l’éducation, le logement, le transport.

Il est évident que les sociétaires veulent des services financiers et non financiers en qualité et en quantité croissantes, et à meilleur prix. C’est d’ailleurs l’objet fondamental de la coopérative. Nos caisses populaires sont aujourd’hui assez grandes et fortes pour répondre progressivement aux besoins de leurs membres, la distribution des ristournes y compris. Les excédents, aussi modestes, devront être affectés au développement de la coopérative, à la distribution des ristournes aux membres au prorata de leurs transactions et aux activités communautaires. Il faut maintenant se défaire des péchés originels de la forte rentabilité et de la croissance  élevée pour transformer les grandes caisses en de belles caisses. Il nous faut la 2ème révolution des caisses haïtiennes. Une révolution économique, sociale, technologique, environnementale où la satisfaction des besoins et le développement des parties prenantes : sociétaires, collaborateurs et la communauté seront sacralisés.

Nonais Derisier
25 janvier 2015