Parce qu'il faut promouvoir les coopératives et les institutions de économie sociale et solidaire en générale pour un monde meilleur.
1919-2019, la commémoration du centenaire de l'assassinat de Charlemage Peralte.
11 millions de gourdes de perdiem
http://www.loophaiti.com/content/11-millions-de-gourdes-de-diem-chaque-vendredi-pour-la-caravane
Haïti - technologie : Lancement de la plateforme 4pro.biz
James Taylor Louis, PDG de CashMobile, lance
Probiz, la première plateforme freelance d'Haïti
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| James Taylor Louis PDG de Probiz |
Ce 25 Juillet 2018, au Local de Banj à Delmas 66, James Taylor Louis a officiellement lancé Probiz,
la première plateforme freelance ou de travailleurs indépendants d'Haïti. Il
s'agit d'une plateforme qui connectera les prestataires de services indépendants
aux entreprises ou aux particuliers qui ont besoin de services dans les
domaines les plus variés comme la technologie, la formation, la traduction, la
comptabilité, le marketing, etc.
La plateforme Probiz s'adresse à des
freelancers, des professionnels indépendants qui ont de l'expertise à vendre à
des entreprises ou particuliers qui veulent acheter des services ou recruter un
professionnel pour un projet. Sur cette plateforme, les freelancers ont la
possibilité de créer leur compte, présenter leur profil, proposer leurs
expertises ou services, faire des offres sur des projets en ligne... A l'autre
bout de l'application, les entreprises ont l'opportunité de créer leur compte,
de présenter leur profil, d'ajouter leur offre de service, d'ouvrir un compte pour
recevoir des frais de services ou payer des prestations, et ils ont à leur
disposition un module pour donner des feedbacks sur les services reçus des freelancers.
Probiz est disponible à l'adresse 4pro.biz
sur le net en créole, français, anglais et espagnol. Elle affiche, selon la géolocalisation
de l'utilisateur la monnaie locale comme la gourde en Haïti, et le dollar des
Etats-Unis. Les utilisateurs ont la possibilité de payer ou recevoir leur dû
par carte de crédit ou de débit, par transferts bancaires, par CashMobile et
MonCash sera intégré très bientôt.
La création et le lancement de la
plateforme Probiz s'inscrit dans le cadre des nouveaux modèles économiques des
entreprises à l'aire numérique. Nous assistons, en effet, depuis près de vingt
ans à l'avènement de l'économie numérique. Elle est née l'apparition de l'Internet
et surtout de ses applications à des usages civiles et de la vulgarisation des ordinateurs dans les entreprises et les
foyers. La téléphonie et surtout la téléphonie mobile douée d'intelligence ont
donné naissance à de nouvelles manières de produire et de consommer, qui
gagnent progressivement tous les secteurs : les médias, l’automobile,
l’agriculture, la santé, etc. Elle regroupe les télécommunications,
l’audiovisuel et les industries de l’information... Tous les domaines de
l'économie deviennent numérique ou sont réorganisés par la convergence
numérique.
L'économie numérique est caractérisée par
l'effet de réseau, les faibles coûts des opérations,
l'automatisation des transactions et des services, la désintermédiation de l'économie. On assiste à de nouvelles manières de faire des affaires et de
créer de la valeur ou l'apparition de nouveaux modèles économiques " New
business models". Ces derniers sont connus sous la dénomination de l'uberisation.
L'uberisation est un phénomène récent dans le domaine de l'économie mettant en
contact direct des professionnels ou prestataires de service et clients
entreprises ou particuliers qui ont besoin de prestations par le biais de
l'utilisation d'une plateforme ou application numérique. Les coûts de gestion administrative et des infrastructures
sont mutualisés et la plateforme donne la capacité de desservir une large
clientèle. Les coûts des services sont ainsi réduits.
L'ubérisation de
l'économie est favorisée par la généralisation de l'internet haut débit, la
téléphonie mobile et intelligente, la géolocalisation avec le GPS, etc.
Les entreprises
les plus emblématiques de ce nouveau modèle économique sont: Airbnb qui loge le
plus grand nombre d'hôtes sur la planète sans posséder une chambre
d'hôtel; Uber, la plus grande compagnie
de taxi qui ne possède même pas une voiture; Facebook, le plus grand média du monde qui n'a recruté aucun
journaliste; Youtube, la plus grande chaine de télévision qui n'a jamais
produit un film. On peut aussi citer Google, le plus grand centre de recherche,
Wikipedia, la plus grande encyclopédie du monde et tant d'autres...
Les utilisateurs
de la plus part de ces entreprises ne paient eux-mêmes pour les services
consommés. Facebook est pour l'utilisateur gratuit, ainsi que Google, Whatsapp,
Wikipedia et consorts.
Dans ce monde
numérique, une poignée d'entreprises contrôlent presque totalement leurs domaines
d'activité. On les appelle GAFAA : G pour Google, A pour Amazon, F pour Facebook,
A pour Apple et le dernier A pour Alibaba, le chinois qui est sur le chemin de devancer
Amazon. Ils investissent des milliards
de dollars pour se diversifier dans la finance, le transport sans conducteur,
la formation, la santé, et dans tous les
domaines de la NBIC (Nanotechnologie, biologie, Informatique et Communication)
etc. Ils regroupent un nombre impressionnant de chercheurs et travaillent sur
l'avènement de l'homme 2.0, un homme augmenté aux pouvoirs et capacités
extraordinaires, et qui pourra vivre longtemps, très longtemps et en bonne
santé.
Avec 4Pro.biz, James Taylor Louis désire
mettre Haïti sur la carte de l'économie numérique mondiale. Le professionnel haïtien
ou du monde entier, ainsi que les entreprises de services domiciliées en Haïti
ont l'opportunité d'offrir leur prestation aux quatre coins de la terre.
D'ailleurs le slogan de Probiz est "Travay lèw vle, kotew vle".
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| L'équipe de Probiz |
Soulignons que Probiz n'est pas un coup
d'essai de James Taylor Louis. Il a déjà lancé la fintech CashMobile, un moyen
de paiement électronique et mobile qui permet à chacun de gérer sa finance à
partir de son téléphone et par le biais d'une carte. CashMobile utilise la
technologie NFC (Near Field Communication) ou communication en champ rapproché,
la même technologie utilisée par Google Pay et Apple Pay dans leurs solutions
de paiement mobile.
Du succès au PDG James Taylor Louis, à
Jean Kensle Figaro, Responsable de Communication et à Laure Dawindy Guerrier
Assistant Manager et à toute l’équipe. Que Smartify, la société
qui est derrière ces innovations, augure la création d'une pléiade
d'entreprises technologiques au niveau des services publiques, du transport, de
l'éducation, de la finance, de l'agriculture, du logement pour faire rentrer
Haïti dans le vingt-et-unième siècle et pour l'avènement d'une nouvelle
république d'Haïti prospère et équitable.
Nonais Derisier,
économiste
nderisiers@yahoo.fr
26/07/18
CAPOSAC honorée par la BRH...
8ème Sommet international de la finance
CAPOSAC honorée par la BRH et le Group Croissance
Publié le 2018-04-11 | Le Nouvelliste"Après 69 ans de services financiers de proximité à la population du département du Sud, la CAPOSAC est fière de recevoir cette distinction. Elle la dédie à toutes les Caisses du pays, à sa Fédération Le Levier et en particulier ANACAPH qui lui a apporté un support considérable dans la gestion des prêts agricoles après les dégâts occasionnés par le cyclone Matthew."
En ces termes simples empreintes d'humilité, le Président de la CAPOSAC, Monsieur Kenold Calvaire, s'est adressé à l'assistance en recevant des mains du Directeur Général du CNC, M. Serge Chéry, la plaque d'honneur et de mérite décernée à sa caisse par la BRH et le Group Croissance, lors du cocktail du huitième Sommet International sur la Finance dans la soirée du 10 Avril 2018 au Karibe Convention Center.
" Honneur et Mérite à la CAPOSAC pour sa qualité de gouvernance et sa contribution à la redynamisation des activités économiques de ses membres et de sa résilience aux effets dévastateurs du cyclone Matthew sur ses opérations", telle est l'inscription gravée sur la plaque décernée à la Caisse. Pour Kesner Pharel, le PDG du Group Croissance, il ne s'agit pas d'un cadeau accordé à la CAPOSAC, mais une reconnaissance de la BRH pour les efforts réalisés par cette caisse.
La CAPOSAC est, en effet, l'une des plus grandes caisses du pays. Au 30 septembre 2017, elle détenait un actif de plus de 761 millions de gourdes, un portefeuille de crédit de plus de 311 millions de gourdes, une épargne de plus de 522 millions de gourdes. Elle est aussi solide avec un taux de capitalisation de 26,7 %, plus de deux fois de la norme de capitalisation exigée par la BRH qui est de 12,5%. CAPOSAC se trouve dans la peloton de tête des caisses avec la SOCOLAVIM ayant plus de 825 millions de gourdes d'actif, la KOTELAM avec plus de 766 millions de gourdes en actif, et la CPF .
La CAPOSAC, l'une des plus anciennes institutions financières d'Haïti, a pris naissance le 27 Mars 1949 avec l'appui du révérend père Henri Langlais, un canadien de la Mission Oblate et de deux Cayens : Closel Sicard et Milien Condé. Elle vient juste après la Petite Épargne de La Vallée (CAPPEV), l'ainée des Caisses fondée le 22 septembre 1946, et est suivie de la CPSA créée en 1951 à Port-au-Prince et la CAPODOSA le 23 mars 1963 à Pétion-Ville.
Soulignons que la CAPOSAC est membre du réseau de l'Association nationale des caisses populaires haïtiennes (ANACAPH) et est aussi affiliée à la fédération Le Levier qui rassemble au 30 septembre 2017 36 Caisses, ayant 7.6 milliards de gourdes d'actif et regroupant 706 000 sociétaires.
Avant la CAPOSAC, en 2017, lors du cocktail inaugural du 7ème Sommet International sur la Finance, la COOPECLAS avait reçu, des mains du Gouverneur de la BRH, la plaque d'honneur et Mérite pour son support considérable à l'inclusion financière dans le département du Centre pendant les 18 dernières années.
Par ces distinctions, la société haïtienne par le truchement de la BRH et du Group croissance, commence à reconnaitre la place importante des Caisses Populaires et des coopératives en générale dans leur région.
Nonais Dérisier Saincelair
Auteur
8ème Sommet international de la finance
La Caisse Populaire Sainte Anne de Camp Perrin (CAPOSAC) honorée par la BRH et le Group Croissance
"Après 69 ans de services
financiers de proximité à la population du département du Sud, la CAPOSAC est
fière de recevoir cette distinction. Elle la dédie à toutes les Caisses du pays,
à sa Fédération Le Levier et en particulier ANACAPH qui lui a apporté un
support considérable dans la gestion des prêts agricoles après les dégâts
occasionnés par le cyclone Matthew."
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| Le Président de la CAPOSAC et le DG du CNC |
" Honneur et Mérite à la CAPOSAC
pour sa qualité de gouvernance et sa contribution à la redynamisation des
activités économiques de ses membres et de sa résilience aux effets
dévastateurs du cyclone Matthew sur ses opérations", telle est l'inscription gravée sur la plaque
décernée à la Caisse. Pour Kesner Pharel, le PDG du Group Croissance, il ne
s'agit pas d'un cadeau accordé à la
CAPOSAC, mais une reconnaissance de la BRH pour les efforts réalisés par cette
caisse.
La CAPOSAC est, en effet, l'une des plus grandes caisses du pays. Au 30
Septembre 2017, elle détenait un actif de plus de 761 millions de gourdes, un
portefeuille de crédit de plus de 311 millions de gourdes, une épargne de plus
de 522 millions de gourdes. Elle est aussi solide avec un taux de
capitalisation de 26.7 %, plus de deux fois de la norme de capitalisation
exigée par la BRH qui est de 12.5%. CAPOSAC se trouve dans la peloton de tête des
caisses avec la SOCOLAVIM ayant plus de 825 millions de gourdes d'actif, la KOTELAM
avec plus de 766 millions de gourdes en actif, et la CPF .
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| Le président de la CAPOSAC et le Gouverneur de la BRH |
La CAPOSAC, l'une des plus anciennes institutions financières d'Haïti, a
pris naissance le 27 Mars 1949 avec l'appui du révérend père Henri Langlais, un canadien de la Mission Oblate et de deux
Cayens : Closel Sicard et Milien Condé. Elle
vient juste après la Petite Épargne de La Vallée (CAPPEV), l'ainée des Caisses fondée
le 22 septembre 1946, et est suivie de la CPSA créée en 1951 à Port-au-Prince
et la CAPODOSA le 23 mars 1963 à Pétion-Ville.
Soulignons que la CAPOSAC est membre du réseau de l'ASSOCIATION NATIONALE
DES CAISSES POPULAIRES HAITIENNES (ANACAPH) et est aussi affiliée à la
fédération Le Levier qui rassemble au 30 septembre 2017 36 Caisses, ayant 7.6
milliards de gourdes d'actif et regroupant 706 000 sociétaires.
Avant la CAPOSAC, en 2017, lors
du cocktail inaugural du 7ème Sommet International sur la Finance, la COOPECLAS
avait reçu, des mains du Gouverneur de la BRH, la plaque d'honneur et Mérite
pour son support considérable à l'inclusion financière dans le département du
Centre pendant les 18 dernières années.
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| De Gauche à droite Closel Plaisimond, le Président Kenol Calvaire, le Directeur Patrice Denis, la secrétaire Missly Théodore, Kaleb Desroches et Nonais Derisier | , |
Par ces distinctions, la société
haïtienne par le truchement de la BRH et du Group croissance, commence à
reconnaitre la place importante des Caisses Populaires et des coopératives en
générale dans leur région.
Nonais Dérisier Saincelair
11 Avril 2018
ANACAPH et la célébration de la Journée des COOPEC
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| Photo ANACAPH |
Le jeudi 19 Octobre 2017, sur l'invitation de l'ANACAPH, les dirigeants
d'une cinquantaine de Caisses Populaires venues des quatre coins du pays se
sont réunis dans une des salles de l'Hôtel Montana pour célébrer la Journée des
Coopératives d'Epargne et de Crédit.
Monsieur Manel Castel, Président de l'Association Nationale des Caisses Populaires, a d'une pierre fait deux coups: il a, dans son allocution de circonstance, ouvert la célébration de la journée internationale des CEC et aussi lancé les festivités des vingt ans de l'ANACAPH qui seront célébrés en 2018.
Monsieur Manel Castel, Président de l'Association Nationale des Caisses Populaires, a d'une pierre fait deux coups: il a, dans son allocution de circonstance, ouvert la célébration de la journée internationale des CEC et aussi lancé les festivités des vingt ans de l'ANACAPH qui seront célébrés en 2018.
Monsieur Paul Latortue, responsable du programme
du MBA de l'UNDH, a été l'invité de marque de cette journée. Il en a profité pour annoncer un
partenariat entre l'ANACAPH et l'UNDH pour mettre au point deux programmes de formation, l'une de niveau
de licence et l'autre de niveau Master pour les acteurs du secteur. Il s'agit
d'une nouvelle de grande importance puisque pour être à la hauteur des défis,
le secteur doit investir en formation.
Le Directeur Général du
CNC, Monsieur Serge Chéry, a profité de cette audience pour présenter la vision du Président de la République et les grands
chantiers de sa direction dont le recensement géolocalisé des coopératives et
d'un colloque national sur le mouvement, prévu pour le mois de Janvier 2018.
L'annonce et la présentation de la KèsPam, la solution Mobil Banking
d'ANACAPH et de ses partenaires, a été une grande première. Enfin les caisses
populaires haïtiennes vont prendre le cap de l'innovation. Je souhaite du
succès à cette initiative.
Après les allocutions de circonstance, un panel a été constitué de Mme Yolène A Jacquet, Directrice d'ANACAPH, Mme Christine A, Toussaint de la
Direction des Affaires Juridiques de la BRH, Monsieur Rony François, Président
de la Caisse Sainte-Anne de Port-au-Prince, Monsieur Paul Latortue de MBA de
l'UNDH et Monsieur Pierre Richard Desmornes, responsable du projet KESPAM. Ils
ont traité des sujets liés à la Nouvelle Technologie de l'Information et de la
Communication et à l'inclusion financières.
Monsieur Jacques Durocher, ancien Directeur du projet RMCH (Projet de
Revitalisation du Mouvement Coopératif Haïtien) a honoré cette journée de sa
présence et l'animation a été assuré de façon impeccable par Me Beaubrun.
Nonais Dérisier
23 Octobre 2017
Nonais Dérisier
23 Octobre 2017
Les caisses populaires haïtiennes face aux défis des services financiers numériques et de l'inclusion financière
Le PRONAP est une
plateforme qui permettra aux banques, aux caisses populaires et à d'autres
institutions non bancaires d'offrir une vaste possibilité de choix
d'instruments de paiements électroniques.
Le projet du Processeur National
de Paiements a pour objectif de doter le pays d’infrastructures de
paiement et de règlements modernes tout en assurant l’interopérabilité entre
les différents moyens de paiements et les différents acteurs financiers, d’une part, et d’autre part de
promouvoir l’inclusion financière.
Il s'agit d'une bonne
nouvelle qui permettra notamment aux Caisses Populaires d'entrer dans la
modernité et de combler près de 15 ans de retard technologique. En effet,
depuis 2002, les caisses populaires devraient entamer le processus d'accès à la
chambre de compensation de la BRH qui leur donnerait l'opportunité de
participer à la création de monnaie comme les banques en émettant des chèques
et des monnaies électroniques comme les cartes de débit et de crédit. Si les
caisses avaient emprunté cette voie, cela aurait été un levier formidable pour
accorder beaucoup plus de prêts, soit plusieurs fois la valeur de l'épargne
détenue.
A cette époque, des institutions
financières, notamment des IMF de l'Afrique et de l'Amérique Latine,
commencèrent déjà à utiliser de nouvelles technologies dans l'offre de services
financiers bien avant les pays dits développés de l'Amérique ou de l'Europe.
Citons parmi une multitude d'expériences, celle de PRODEM FFP (Fonds Financier
Privé) en Bolivie qui est une institution de microfinance constituée en Bolivie
en 1999 dont l’objectif principal est de fournir des services financiers
durables à des micros, petites ou moyennes entreprises en zones rurales et
urbaines.
En mai 2001, PRODEM a
lancé des cartes à puce et ATMs (distributeurs automatiques de billets de
banque) avec reconnaissance des empreintes digitales et instructions vocales
pour satisfaire, entre autres, les besoins de ses clients ruraux dont certains
ne savent pas lire et n'ont pas de pièces d'identités. Déjà en 2003, PRODEM avait le plus large
réseau de succursales au Bolivie, avec 63 bureaux dont 23 en zones urbaines et
40 en zones rurales. Les clients payaient $ 10 US pour ouvrir un compte et des
frais annuels $ 7US, une année après l’ouverture du compte (LA MOBILISATION DE L’EPARGNE...,
Isabel Dauner Gardiol, Intercoopération, Berne, février 2004).
Les cartes de débit comme celles
de crédit que le Gouverneur rêve de mettre dans les poches même des modestes
gens sont des espèces en voie de disparition rapide (EVDR) qui suivront le même
sort que les chèques. Mon rêve de coopérateur utilisateur de produits financiers
va beaucoup plus loin que celui du Gouverneur. Il s'inscrit davantage dans la
modernité des services finances numériques de la deuxième génération.
Je rêve, sans me déplacer, à partir de mon portable, gérer mon compte
domicilié à la KOTELAM ou à la caisse d'Anse d'Hainault, ou encore à celle de
Thiotte, pouvoir le consulter et en faire des transactions sept jours sur sept
et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je rêve d'utiliser mon compte sur mon
portable pour recevoir mes honoraires et d'en disposer pour payer un livre sur
Amazon, un billet d'avion en ligne, expédier un transfert au profit de ma tante
Mme Dagrin résidant à Marbial, payer l'école de mon garçon, régler
mes factures d'électricité, etc. Je rêve aussi d'utiliser mon téléphone pour
payer un médicament dans la Pharma-Coop de mon quartier, mes produits de consommation
dans le Magasin-Coop dont je suis sociétaire...
L'agriculteur, le
professeur ou la dame Sara de Mabriole ont aussi besoin des mêmes services que
moi. Ils rêvent surement de recevoir leurs transferts de Brésil, de Chili ou de
la France sur leur téléphone et gérer la somme reçue en effectuant des tirages
en fonction de leur besoin dans leur localité sans se rendre en ville à Marigot
ou à Belle-Anse.
Je rêve aussi de formuler ma demande de crédit sur mon téléphone et
obtenir un prêt rapide dans quelques minutes, sans me rendre à ma caisse, sans
besoin d'avaliseurs, d'agents de crédit et même de comité de crédit. Tout sera
fait par des machines utilisant l'intelligence artificielle, l'algorithme et le
big data programmées pour être beaucoup plus fiable que l'intervention humaine.
Mon rêve est loin d'être
une pure illusion ou une débile utopie. C'est déjà une réalité pour les clients
des IMF de la plupart des pays africains ou de l'Amérique Latine. Nous n'allons
pas inventer ni réinventer la finance de demain. Nous n'avons qu'à acquérir les
technologies nécessaires et les adapter au besoin. Elles nous coûteront
beaucoup moins chères que les immeubles extravagants, les meubles luxueux et
les robustes tout-terrains de certaines Caisses Populaires.
Si le mouvement des
caisses populaires haïtiennes n'œuvre pas pour matérialiser mon rêve, des
fintech (start-up utilisant la technologie pour offrir des services financiers avec
ou sans les banques), les opérateurs de téléphonie mobile, mais aussi les
géants de l'internet (Apple, Google, Twitter, Facebook) le feront. Ces derniers se sont déjà lancés dans la finance numérique. Apple avec Apple Pay, Google avec
Google Wallet...
Plus d'un prédit la mort
de la banque et de la monnaie dans un
proche avenir. Je ne me souscris pas à ce pronostic alarmiste et
sensationnel. Cependant, je crois dure
comme fer que la finance, telle qu'elle est pratiquée par les institutions
traditionnelles, est appelé à disparaitre, et avec elle toutes les institutions
(banques, caisses, assurances) qui ne prennent pas le cap de l'innovation numérique, qui
ne changent pas leur modèle économique.
Je vous promets très bientôt un document provisoirement
intitulé "COMMENT LE
NUMÉRIQUE CHAMBARDE LE PAYSAGE FINANCIER et sous-titré : Les Caisses Populaires haïtiennes face aux
défis des services financiers numériques et de l'inclusion financière. Il présentera le panorama des services financiers
numériques à travers le monde et un état des lieux des initiatives haïtiennes, et
fournira aux caisses populaires des propositions et recommandations pour prendre
un raccourci technologique pour bondir de la caisse 1.0 à la caisse 3.0. Il
s'agit de sortir des services financiers traditionnels actuels pour passer directement
aux services financiers numériques de deuxième génération (épargne, crédit,
assurance) en utilisant les canaux numériques: le téléphone portable et les terminaux
de point de vente (TPV).
Les sociétaires et la
population en générale, tant en milieu urbain et qu'en milieu rural, attendent des
Caisses Populaires, des solutions financières simples, mobiles, rapides et à
faible coût qui faciliteront leur vie et qui leur apporteront l'inclusion
financière et aussi sociale. Le défi est de taille et les
caisses populaires doivent réussir le pari de l'innovation ou se marginaliser si elles arrivent à survivre!
Nonais Derisier Saincelair, Économiste
Secrétaire Général
du Rassemblement des
Coopératives pour
le Renouveau et le Développement (RACORD)
18 Octobre 2017
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