Haïti - technologie : Lancement de la plateforme 4pro.biz


James Taylor Louis, PDG de CashMobile, lance Probiz, la première plateforme freelance d'Haïti


James Taylor Louis PDG de Probiz
Ce 25 Juillet 2018, au Local de Banj à Delmas 66, James Taylor Louis a officiellement lancé Probiz, la première plateforme freelance ou de travailleurs indépendants d'Haïti. Il s'agit d'une plateforme qui connectera les prestataires de services indépendants aux entreprises ou aux particuliers qui ont besoin de services dans les domaines les plus variés comme la technologie, la formation, la traduction, la comptabilité, le marketing, etc. 

La plateforme Probiz s'adresse à des freelancers, des professionnels indépendants qui ont de l'expertise à vendre à des entreprises ou particuliers qui veulent acheter des services ou recruter un professionnel pour un projet. Sur cette plateforme, les freelancers ont la possibilité de créer leur compte, présenter leur profil, proposer leurs expertises ou services, faire des offres sur des projets en ligne... A l'autre bout de l'application, les entreprises ont l'opportunité de créer leur compte, de présenter leur profil, d'ajouter leur offre de service, d'ouvrir un compte pour recevoir des frais de services ou payer des prestations, et ils ont à leur disposition un module pour donner des feedbacks sur les services reçus des  freelancers. 

Probiz est disponible à l'adresse 4pro.biz sur le net en créole, français, anglais et espagnol. Elle affiche, selon la géolocalisation de l'utilisateur la monnaie locale comme la gourde en Haïti, et le dollar des Etats-Unis. Les utilisateurs ont la possibilité de payer ou recevoir leur dû par carte de crédit ou de débit, par transferts bancaires, par CashMobile et MonCash sera intégré très bientôt.
La création et le lancement de la plateforme Probiz s'inscrit dans le cadre des nouveaux modèles économiques des entreprises à l'aire numérique. Nous assistons, en effet, depuis près de vingt ans à l'avènement de l'économie numérique. Elle est née l'apparition de l'Internet et surtout de ses applications à des usages civiles et de la vulgarisation  des ordinateurs dans les entreprises et les foyers. La téléphonie et surtout la téléphonie mobile douée d'intelligence ont donné naissance à de nouvelles manières de produire et de consommer, qui gagnent progressivement tous les secteurs : les médias, l’automobile, l’agriculture, la santé, etc. Elle regroupe les télécommunications, l’audiovisuel et les industries de l’information... Tous les domaines de l'économie deviennent numérique ou sont réorganisés par la convergence numérique.  

L'économie numérique est caractérisée par l'effet de réseau, les faibles coûts des opérations,  l'automatisation des transactions et des services, la désintermédiation de l'économie. On assiste à de nouvelles manières de faire des affaires et de créer de la valeur ou l'apparition de nouveaux modèles économiques " New business models". Ces derniers sont connus sous la dénomination de l'uberisation. 

L'uberisation est un phénomène récent dans le domaine de l'économie mettant en contact direct des professionnels ou prestataires de service et clients entreprises ou particuliers qui ont besoin de prestations par le biais de l'utilisation d'une plateforme ou application numérique. Les coûts de  gestion administrative et des infrastructures sont mutualisés et la plateforme donne la capacité de desservir une large clientèle. Les coûts des services sont ainsi réduits.  

L'ubérisation de l'économie est favorisée par la généralisation de l'internet haut débit, la téléphonie mobile et intelligente, la géolocalisation  avec le GPS, etc. 

Les entreprises les plus emblématiques de ce nouveau modèle économique sont: Airbnb qui loge le plus grand nombre d'hôtes sur la planète sans posséder une chambre d'hôtel;  Uber, la plus grande compagnie de taxi qui ne possède même pas une voiture; Facebook,  le plus grand média du monde qui n'a recruté aucun journaliste; Youtube, la plus grande chaine de télévision qui n'a jamais produit un film. On peut aussi citer Google, le plus grand centre de recherche, Wikipedia, la plus grande encyclopédie  du monde et tant d'autres...

Les utilisateurs de la plus part de ces entreprises ne paient eux-mêmes pour les services consommés. Facebook est pour l'utilisateur gratuit, ainsi que Google, Whatsapp, Wikipedia et consorts. 

Dans ce monde numérique, une poignée d'entreprises contrôlent presque totalement leurs domaines d'activité. On les appelle GAFAA : G pour Google, A pour Amazon, F pour Facebook, A pour Apple et le dernier A pour Alibaba, le chinois qui est sur le chemin de devancer Amazon.  Ils investissent des milliards de dollars pour se diversifier dans la finance, le transport sans conducteur, la formation, la santé, et dans tous  les domaines de la NBIC (Nanotechnologie, biologie, Informatique et Communication) etc. Ils regroupent un nombre impressionnant de chercheurs et travaillent sur l'avènement de l'homme 2.0, un homme augmenté aux pouvoirs et capacités extraordinaires, et qui pourra vivre longtemps, très longtemps et en bonne santé. 

Avec 4Pro.biz, James Taylor Louis désire mettre Haïti sur la carte de l'économie numérique mondiale. Le professionnel haïtien ou du monde entier, ainsi que les entreprises de services domiciliées en Haïti ont l'opportunité d'offrir leur prestation aux quatre coins de la terre. D'ailleurs le slogan de Probiz est "Travay lèw vle, kotew vle".

L'équipe de Probiz
Soulignons que Probiz n'est pas un coup d'essai de James Taylor Louis. Il a déjà lancé la fintech CashMobile, un moyen de paiement électronique et mobile qui permet à chacun de gérer sa finance à partir de son téléphone et par le biais d'une carte. CashMobile utilise la technologie NFC (Near Field Communication) ou communication en champ rapproché, la même technologie utilisée par Google Pay et Apple Pay dans leurs solutions de paiement mobile. 

Du succès au PDG James Taylor Louis, à Jean Kensle Figaro, Responsable de Communication et à Laure Dawindy Guerrier Assistant Manager et à toute l’équipe. Que Smartify, la société qui est derrière ces innovations, augure la création d'une pléiade d'entreprises technologiques au niveau des services publiques, du transport, de l'éducation, de la finance, de l'agriculture, du logement pour faire rentrer Haïti dans le vingt-et-unième siècle et pour l'avènement d'une nouvelle république d'Haïti prospère et équitable.

Nonais Derisier, économiste
nderisiers@yahoo.fr
26/07/18

CAPOSAC honorée par la BRH...


8ème Sommet international de la finance

CAPOSAC honorée par la BRH et le Group Croissance

Publié le 2018-04-11 | Le Nouvelliste

"Après 69 ans de services financiers de proximité à la population du département du Sud, la CAPOSAC est fière de recevoir cette distinction. Elle la dédie à toutes les Caisses du pays, à sa Fédération Le Levier et en particulier ANACAPH qui lui a apporté un support considérable dans la gestion des prêts agricoles après les dégâts occasionnés par le cyclone Matthew."
En ces termes simples empreintes d'humilité, le Président de la CAPOSAC, Monsieur Kenold Calvaire, s'est adressé à l'assistance en recevant des mains du Directeur Général du CNC, M. Serge Chéry, la plaque d'honneur et de mérite décernée à sa caisse par la BRH et le Group Croissance, lors du cocktail du huitième Sommet International sur la Finance dans la soirée du 10 Avril 2018 au Karibe Convention Center.
" Honneur et Mérite à la CAPOSAC pour sa qualité de gouvernance et sa contribution à la redynamisation des activités économiques de ses membres et de sa résilience aux effets dévastateurs du cyclone Matthew sur ses opérations", telle est l'inscription gravée sur la plaque décernée à la Caisse. Pour Kesner Pharel, le PDG du Group Croissance, il ne s'agit pas d'un cadeau accordé à la CAPOSAC, mais une reconnaissance de la BRH pour les efforts réalisés par cette caisse.
La CAPOSAC est, en effet, l'une des plus grandes caisses du pays. Au 30 septembre 2017, elle détenait un actif de plus de 761 millions de gourdes, un portefeuille de crédit de plus de 311 millions de gourdes, une épargne de plus de 522 millions de gourdes. Elle est aussi solide avec un taux de capitalisation de 26,7 %, plus de deux fois de la norme de capitalisation exigée par la BRH qui est de 12,5%. CAPOSAC se trouve dans la peloton de tête des caisses avec la SOCOLAVIM ayant plus de 825 millions de gourdes d'actif, la KOTELAM avec plus de 766 millions de gourdes en actif, et la CPF .
La CAPOSAC, l'une des plus anciennes institutions financières d'Haïti, a pris naissance le 27 Mars 1949 avec l'appui du révérend père Henri Langlais, un canadien de la Mission Oblate et de deux Cayens : Closel Sicard et Milien Condé. Elle vient juste après la Petite Épargne de La Vallée (CAPPEV), l'ainée des Caisses fondée le 22 septembre 1946, et est suivie de la CPSA créée en 1951 à Port-au-Prince et la CAPODOSA le 23 mars 1963 à Pétion-Ville.
Soulignons que la CAPOSAC est membre du réseau de l'Association nationale des caisses populaires haïtiennes (ANACAPH) et est aussi affiliée à la fédération Le Levier qui rassemble au 30 septembre 2017 36 Caisses, ayant 7.6 milliards de gourdes d'actif et regroupant 706 000 sociétaires.
Avant la CAPOSAC, en 2017, lors du cocktail inaugural du 7ème Sommet International sur la Finance, la COOPECLAS avait reçu, des mains du Gouverneur de la BRH, la plaque d'honneur et Mérite pour son support considérable à l'inclusion financière dans le département du Centre pendant les 18 dernières années.
Par ces distinctions, la société haïtienne par le truchement de la BRH et du Group croissance, commence à reconnaitre la place importante des Caisses Populaires et des coopératives en générale dans leur région.

Nonais Dérisier Saincelair Auteur

8ème Sommet international de la finance

La Caisse Populaire Sainte Anne de Camp Perrin (CAPOSAC) honorée par la BRH et le Group Croissance

"Après 69 ans de services financiers de proximité à la population du département du Sud, la CAPOSAC est fière de recevoir cette distinction. Elle la dédie à toutes les Caisses du pays, à sa Fédération Le Levier et en particulier ANACAPH qui lui a apporté un support considérable dans la gestion des prêts agricoles après les dégâts occasionnés par le cyclone Matthew."

Le Président de la CAPOSAC et le DG du CNC
En ces termes simples empreintes d'humilité, le Président de la CAPOSAC, Monsieur Kenold Calvaire, s'est adressé à l'assistance en recevant des mains du Directeur Général du CNC, Monsieur Serge Chéry,  la plaque d'honneur et de mérite décernée à sa caisse par la BRH et le Group Croissance,  lors du cocktail du huitième Sommet International sur la Finance dans la soirée du 10 Avril 2018 au KARIBE CONVENTION CENTER.

" Honneur et Mérite à la CAPOSAC pour sa qualité de gouvernance et sa contribution à la redynamisation des activités économiques de ses membres et de sa résilience aux effets dévastateurs du cyclone Matthew sur ses opérations",  telle est l'inscription gravée sur la plaque décernée à la Caisse. Pour Kesner Pharel, le PDG du Group Croissance, il ne s'agit pas d'un cadeau accordé  à la CAPOSAC, mais une reconnaissance de la BRH pour les efforts réalisés par cette caisse.

La CAPOSAC est, en effet, l'une des plus grandes caisses du pays. Au 30 Septembre 2017, elle détenait un actif de plus de 761 millions de gourdes, un portefeuille de crédit de plus de 311 millions de gourdes, une épargne de plus de 522 millions de gourdes. Elle est aussi solide avec un taux de capitalisation de 26.7 %, plus de deux fois de la norme de capitalisation exigée par la BRH qui est de 12.5%. CAPOSAC se trouve dans la peloton de tête des caisses avec la SOCOLAVIM ayant plus de 825 millions de gourdes d'actif, la KOTELAM avec plus de 766 millions de gourdes en actif, et la CPF . 
Le président de la CAPOSAC et le Gouverneur de la BRH

La CAPOSAC, l'une des plus anciennes institutions financières d'Haïti, a pris naissance le 27 Mars 1949 avec l'appui du révérend  père Henri Langlais,  un canadien de la Mission Oblate et de deux Cayens :  Closel Sicard et Milien Condé. Elle vient juste après la Petite Épargne de La Vallée (CAPPEV), l'ainée des Caisses fondée le 22 septembre 1946, et est suivie de la CPSA créée en 1951 à Port-au-Prince et la CAPODOSA le 23 mars 1963 à Pétion-Ville.

Soulignons que la CAPOSAC est membre du réseau de l'ASSOCIATION NATIONALE DES CAISSES POPULAIRES HAITIENNES (ANACAPH) et est aussi affiliée à la fédération Le Levier qui rassemble au 30 septembre 2017 36 Caisses, ayant 7.6 milliards de gourdes d'actif et regroupant 706 000 sociétaires. 

Avant la CAPOSAC, en  2017, lors du cocktail inaugural du 7ème Sommet International sur la Finance, la COOPECLAS avait reçu, des mains du Gouverneur de la BRH, la plaque d'honneur et Mérite pour son support considérable à l'inclusion financière dans le département du Centre pendant les 18 dernières années.
De Gauche à droite Closel Plaisimond, le Président Kenol Calvaire, le Directeur Patrice Denis, la secrétaire Missly Théodore, Kaleb Desroches et Nonais Derisier

Par ces distinctions, la société haïtienne par le truchement de la BRH et du Group croissance, commence à reconnaitre la place importante des Caisses Populaires et des coopératives en générale dans leur région. 


Nonais Dérisier Saincelair
11 Avril 2018

ANACAPH et la célébration de la Journée des COOPEC



Photo ANACAPH
Le jeudi 19 Octobre 2017, sur l'invitation de l'ANACAPH, les dirigeants d'une cinquantaine de Caisses Populaires venues des quatre coins du pays se sont réunis dans une des salles de l'Hôtel Montana pour célébrer la Journée des Coopératives d'Epargne et de Crédit. 

Monsieur Manel Castel, Président de l'Association Nationale des Caisses Populaires, a d'une pierre fait deux  coups: il a, dans son allocution de circonstance, ouvert la célébration de la journée internationale des CEC et aussi lancé les festivités des vingt ans de l'ANACAPH qui seront célébrés en 2018. 

 Monsieur Paul Latortue, responsable du programme du MBA de l'UNDH, a été l'invité de marque de cette journée. Il en a profité pour annoncer un partenariat entre l'ANACAPH et l'UNDH pour mettre au point deux programmes de formation, l'une de niveau de licence et l'autre de niveau Master pour les acteurs du secteur. Il s'agit d'une nouvelle de grande importance puisque pour être à la hauteur des défis, le secteur doit investir en formation. 

Le Directeur Général du CNC, Monsieur Serge Chéry, a profité de cette audience pour présenter la vision du Président de la République et les grands chantiers de sa direction dont le recensement géolocalisé des coopératives et d'un colloque national sur le mouvement, prévu pour le mois de Janvier 2018.
 
L'annonce et la présentation de la KèsPam, la solution Mobil Banking d'ANACAPH et de ses partenaires, a été une grande première. Enfin les caisses populaires haïtiennes vont prendre le cap de l'innovation. Je souhaite du succès à cette initiative. 

Après les allocutions de circonstance, un panel a été constitué de Mme Yolène A Jacquet, Directrice d'ANACAPH, Mme Christine A, Toussaint de la Direction des Affaires Juridiques de la BRH, Monsieur Rony François, Président de la Caisse Sainte-Anne de Port-au-Prince, Monsieur Paul Latortue de MBA de l'UNDH et Monsieur Pierre Richard Desmornes, responsable du projet KESPAM. Ils ont traité des sujets liés à la Nouvelle Technologie de l'Information et de la Communication et à l'inclusion financières.

Monsieur Jacques Durocher, ancien Directeur du projet RMCH (Projet de Revitalisation du Mouvement Coopératif Haïtien) a honoré cette journée de sa présence et l'animation a été assuré de façon impeccable par Me Beaubrun. 

Nonais Dérisier
23 Octobre 2017

Les caisses populaires haïtiennes face aux défis des services financiers numériques et de l'inclusion financière


Jeudi 19 Octobre 2017: Journée internationale des Coopératives d'Épargne et de Crédit

            «Nous voulons voir dans un avenir pas trop lointain, la petite marchande de fruits de Pétion-Ville, la boutique du coin de la rue St Honoré, l’artiste ou l’artisan de Boutillier, la vendeuse de DousMakòs à Petit Gôave, le paysan de Value recevoir le paiement pour leurs marchandises à travers une carte de débit délivrée par la banque ou la caisse populaire de son client en toute sécurité, et ce, avec le même niveau de service d’une boutique de luxe de Pétion Ville ou d’un grand supermarché». Tel a été le rêve partagé par le Gouverneur de la BRH, Jean Baden Dubois, à son assistance à l'occasion du lancement du projet du Processeur National de Paiements (PRONAP), le 27 Juillet 2016.
            Le PRONAP est une plateforme qui permettra aux banques, aux caisses populaires et à d'autres institutions non bancaires d'offrir une vaste possibilité de choix d'instruments de paiements électroniques.  Le projet du Processeur National de Paiements a pour objectif de doter le pays d’infrastructures de paiement et de règlements modernes tout en assurant l’interopérabilité entre les différents moyens de paiements et les différents acteurs financiers, d’une part, et d’autre part de promouvoir l’inclusion financière.
            Il s'agit d'une bonne nouvelle qui permettra notamment aux Caisses Populaires d'entrer dans la modernité et de combler près de 15 ans de retard technologique. En effet, depuis 2002, les caisses populaires devraient entamer le processus d'accès à la chambre de compensation de la BRH qui leur donnerait l'opportunité de participer à la création de monnaie comme les banques en émettant des chèques et des monnaies électroniques comme les cartes de débit et de crédit. Si les caisses avaient emprunté cette voie, cela aurait été un levier formidable pour accorder beaucoup plus de prêts, soit plusieurs fois la valeur de l'épargne détenue.
            A cette époque, des institutions financières, notamment des IMF de l'Afrique et de l'Amérique Latine, commencèrent déjà à utiliser de nouvelles technologies dans l'offre de services financiers bien avant les pays dits développés de l'Amérique ou de l'Europe. Citons parmi une multitude d'expériences, celle de PRODEM FFP (Fonds Financier Privé) en Bolivie qui est une institution de microfinance constituée en Bolivie en 1999 dont l’objectif principal est de fournir des services financiers durables à des micros, petites ou moyennes entreprises en zones rurales et urbaines.
            En mai 2001, PRODEM a lancé des cartes à puce et ATMs (distributeurs automatiques de billets de banque) avec reconnaissance des empreintes digitales et instructions vocales pour satisfaire, entre autres, les besoins de ses clients ruraux dont certains ne savent pas lire et n'ont pas de pièces d'identités.  Déjà en 2003, PRODEM avait le plus large réseau de succursales au Bolivie, avec 63 bureaux dont 23 en zones urbaines et 40 en zones rurales. Les clients payaient $ 10 US pour ouvrir un compte et des frais annuels $ 7US, une année après l’ouverture du compte (LA MOBILISATION DE L’EPARGNE..., Isabel Dauner Gardiol, Intercoopération, Berne, février 2004).
            Les cartes de débit comme celles de crédit que le Gouverneur rêve de mettre dans les poches même des modestes gens sont des espèces en voie de disparition rapide (EVDR) qui suivront le même sort que les chèques. Mon rêve de coopérateur utilisateur de produits financiers va beaucoup plus loin que celui du Gouverneur. Il s'inscrit davantage dans la modernité des services finances numériques de la deuxième génération.
            Je rêve, sans me déplacer, à partir de mon portable, gérer mon compte domicilié à la KOTELAM ou à la caisse d'Anse d'Hainault, ou encore à celle de Thiotte, pouvoir le consulter et en faire des transactions sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je rêve d'utiliser mon compte sur mon portable pour recevoir mes honoraires et d'en disposer pour payer un livre sur Amazon, un billet d'avion en ligne, expédier un transfert au profit de ma tante Mme Dagrin résidant à Marbial, payer l'école de mon garçon, régler mes factures d'électricité, etc. Je rêve aussi d'utiliser mon téléphone pour payer un médicament dans la Pharma-Coop de mon quartier, mes produits de consommation dans le Magasin-Coop dont je suis sociétaire...
            L'agriculteur, le professeur ou la dame Sara de Mabriole ont aussi besoin des mêmes services que moi. Ils rêvent surement de recevoir leurs transferts de Brésil, de Chili ou de la France sur leur téléphone et gérer la somme reçue en effectuant des tirages en fonction de leur besoin dans leur localité sans se rendre en ville à Marigot ou à Belle-Anse.
            Je rêve aussi de formuler ma demande de crédit sur mon téléphone et obtenir un prêt rapide dans quelques minutes, sans me rendre à ma caisse, sans besoin d'avaliseurs, d'agents de crédit et même de comité de crédit. Tout sera fait par des machines utilisant l'intelligence artificielle, l'algorithme et le big data programmées pour être beaucoup plus fiable que l'intervention humaine.
            Mon rêve est loin d'être une pure illusion ou une débile utopie. C'est déjà une réalité pour les clients des IMF de la plupart des pays africains ou de l'Amérique Latine. Nous n'allons pas inventer ni réinventer la finance de demain. Nous n'avons qu'à acquérir les technologies nécessaires et les adapter au besoin. Elles nous coûteront beaucoup moins chères que les immeubles extravagants, les meubles luxueux et les robustes tout-terrains de certaines Caisses Populaires.
            Si le mouvement des caisses populaires haïtiennes n'œuvre pas pour matérialiser mon rêve, des fintech (start-up utilisant la technologie pour offrir des services financiers avec ou sans les banques), les opérateurs de téléphonie mobile, mais aussi les géants de l'internet (Apple, Google, Twitter, Facebook) le feront. Ces derniers se sont déjà lancés dans la finance numérique. Apple avec Apple Pay, Google avec Google Wallet...
            Plus d'un prédit la mort de  la banque et de la monnaie dans un proche avenir. Je ne me souscris pas à ce pronostic alarmiste et sensationnel.  Cependant, je crois dure comme fer que la finance, telle qu'elle est pratiquée par les institutions traditionnelles, est appelé à disparaitre, et avec elle toutes les institutions (banques, caisses, assurances) qui ne prennent pas le cap de l'innovation numérique, qui ne changent pas leur modèle économique.
            Je vous promets très bientôt un document provisoirement intitulé "COMMENT LE NUMÉRIQUE CHAMBARDE LE PAYSAGE FINANCIER et sous-titré : Les Caisses Populaires haïtiennes face aux défis des services financiers numériques et de l'inclusion financière. Il présentera le panorama des services financiers numériques à travers le monde et un état des lieux des initiatives haïtiennes, et fournira aux caisses populaires des propositions et recommandations pour prendre un raccourci technologique pour bondir de la caisse 1.0 à la caisse 3.0. Il s'agit de sortir des services financiers traditionnels actuels pour passer directement aux services financiers numériques de deuxième génération (épargne, crédit, assurance) en utilisant les canaux numériques: le téléphone portable et les terminaux de point de vente (TPV).
            Les sociétaires et la population en générale, tant en milieu urbain et qu'en milieu rural, attendent des Caisses Populaires, des solutions financières simples, mobiles, rapides et à faible coût qui faciliteront leur vie et qui leur apporteront l'inclusion financière et aussi sociale. Le défi est de taille et les caisses populaires doivent réussir le pari de l'innovation  ou se marginaliser si elles arrivent à survivre!
            Nonais Derisier Saincelair, Économiste
Secrétaire Général du Rassemblement des
Coopératives pour le Renouveau et le Développement (RACORD)
18 Octobre 2017